Écrire à un détenu en prison en Belgique : comment envoyer du courrier ?
- Olivier Dupont
- 4 juin
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 juin
4 juin 2026
Votre proche est en prison et vous voulez lui écrire. Est-ce que les lettres sont lues ? Peut-on envoyer des photos ? Combien de lettres peut-on envoyer ? Et que se passe-t-il si le courrier est retenu ? Les règles sont simples et protectrices : la correspondance est un droit fondamental du détenu, qui ne peut jamais être totalement supprimé — même en cellule de punition.
Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. Le nombre de lettres est illimité. Il n'y a pas de quota — vous pouvez écrire autant que vous le souhaitez. Les lettres ne sont pas lues en principe. La prison vérifie uniquement qu'elles ne contiennent pas de substances ou d'objets interdits. La lecture n'est possible que si la direction dispose d'indices personnalisés de menace pour l'ordre ou la sécurité. La correspondance avec l'avocat est totalement protégée : ni contrôle, ni lecture, en aucune circonstance. Le courrier est maintenu même en cellule de punition — c'est l'un des rares droits qui ne peut jamais être supprimé. Le détenu a besoin de timbres, d'enveloppes et de papier pour vous répondre. Alimentez son compte ou glissez du matériel de correspondance dans vos envois si le règlement de l'établissement le permet.
Comment envoyer une lettre à un détenu en Belgique?
Envoyez votre lettre par la poste (bpost), à l'adresse de la prison. Sur l'enveloppe, indiquez le nom et le prénom du détenu, ainsi que l'adresse complète de l'établissement pénitentiaire. Les adresses de toutes les prisons belges sont disponibles sur le site du SPF Justice.
Indiquez votre propre nom et adresse au dos de l'enveloppe. Une lettre sans expéditeur identifiable peut être retenue.
Combien de lettres peut-on envoyer ?
Autant que vous le souhaitez. La loi garantit à tout détenu le droit d'envoyer et de recevoir un nombre illimité de lettres. Il n'y a pas de quota hebdomadaire ou mensuel.
Les lettres sont-elles lues par la prison ?
Le courrier entrant (les lettres que vous envoyez au détenu) peut être soumis à un contrôle à son arrivée. Ce contrôle porte sur la présence de substances ou d'objets étrangers à la correspondance — pas sur le contenu de la lettre. La prison ouvre l'enveloppe pour vérifier qu'elle ne contient rien d'interdit, mais elle ne lit pas la lettre.
La lecture n'est autorisée que si la direction dispose d'indices personnalisés que cela est nécessaire pour l'ordre ou la sécurité. Ce n'est pas un contrôle systématique — il faut des raisons spécifiques, propres à la situation du détenu.
Si la direction décide de ne pas transmettre une lettre ou les objets qui y sont joints, le détenu est informé par écrit de cette décision et des motifs qui la justifient. Les objets retenus sont conservés et selon leur nature, conservés en dépôt et restitués, ou tenus à la disposition des autorités.
Le courrier sortant (les lettres que le détenu vous envoie) n'est en principe pas contrôlé. La direction ne peut le soumettre à un contrôle que s'il existe des indices personnalisés de menace pour l'ordre ou la sécurité. Si elle décide de ne pas envoyer une lettre, elle doit en informer le détenu par écrit et lui restituer la lettre.
La correspondance avec l'avocat est-elle protégée ?
Oui, de manière absolue. La correspondance entre le détenu et son avocat n'est soumise à aucun contrôle du directeur. Elle ne peut être ni ouverte, ni lue, ni retenue. Pour garantir cette protection, la qualité et l'adresse professionnelle de l'avocat ainsi que l'identité du détenu doivent figurer sur l'enveloppe.
Cette protection vaut en toutes circonstances, y compris en cellule de punition et en isolement.
Peut-on envoyer des photos ?
Oui. Les photographies familiales sont en principe acceptées. Toutefois, les images à caractère illicite (apologie de la violence, pornographie) peuvent être retenues. Renseignez-vous auprès du greffe de l'établissement pour connaître les règles spécifiques.
Les supports numériques ou magnétiques (clés USB, CD, cartes mémoire) sont interdits.
Que se passe-t-il si le détenu est en cellule de punition ou en isolement ?
La correspondance est maintenue. C'est l'un des droits fondamentaux qui ne peut jamais être supprimé, quelle que soit la sanction disciplinaire. Même en cellule de punition, le détenu conserve le droit d'écrire et de recevoir du courrier, et le nécessaire de correspondance (papier, enveloppes, timbres) reste accessible même si la cantine est par ailleurs restreinte.
C'est une information importante pour les familles : quand le téléphone est supprimé (cellule de punition) ou limité à un appel par semaine (isolement dans l'espace de séjour), la correspondance reste le lien principal avec l'extérieur.
Y a-t-il des correspondants dont le courrier n'est jamais contrôlé ?
Oui. La loi établit une liste de correspondants dont le courrier ne peut faire l'objet d'aucun contrôle, ni à l'entrée ni à la sortie. Cette liste comprend notamment l'avocat, les présidents des assemblées parlementaires, les ministres, le directeur général de l'administration pénitentiaire, le directeur de la prison, les membres du Conseil central de surveillance pénitentiaire, le commissaire de mois, les autorités judiciaires, le Conseil d'État, les médiateurs fédéraux et régionaux, le bâtonnier, le Comité européen pour la prévention de la torture, et l'Autorité de protection des données.
Pour que cette protection s'applique, le détenu doit adresser ses lettres au lieu où ces personnes exercent leur charge.
Le juge d'instruction peut-il restreindre la correspondance ?
Oui, pour les personnes en détention préventive uniquement. Le juge d'instruction peut, dans le cadre de l'instruction, interdire au détenu de correspondre avec certaines personnes déterminées. Cette restriction ne peut pas être étendue à la correspondance avec l'avocat, qui reste protégée en toutes circonstances.
Ce que la famille peut faire concrètement
Écrire régulièrement.
Le courrier est parfois le seul lien avec l'extérieur, en particulier quand le téléphone est restreint ou supprimé. La régularité compte autant que le contenu.
Alimenter le compte du détenu.
Le détenu a besoin de timbres, d'enveloppes et de papier pour vous répondre. Ces articles s'achètent via la cantine de la prison, avec l'argent de son compte personnel. Si le compte est vide, il ne peut pas écrire.
Indiquer clairement vos coordonnées.
Écrivez votre adresse complète dans la lettre elle-même, pas seulement sur l'enveloppe — en cas de perte ou d'endommagement de l'enveloppe, le détenu pourra quand même vous répondre.
Dater et numéroter vos lettres.
Cela permet au détenu de vérifier que tout le courrier lui parvient, et de signaler d'éventuelles lettres manquantes.

Les erreurs qui coûtent cher
Glisser des objets interdits dans le courrier.
Argent liquide, substances, objets non autorisés : la lettre sera retenue et le détenu pourra faire l'objet de mesures disciplinaires.
Oublier d'alimenter le compte du détenu.
Sans timbres ni enveloppes, il ne peut pas vous répondre. C'est la première cause de correspondance à sens unique.
Ne pas écrire parce que le téléphone existe.
Le téléphone peut être supprimé comme sanction disciplinaire. La correspondance, jamais. C'est le filet de sécurité du lien familial.
Ne pas contester une lettre non transmise.
Si la direction retient une lettre, elle doit en informer le détenu par écrit avec ses motifs. Cette décision peut être contestée devant la commission des plaintes dans les sept jours.
Questions fréquentes
Combien de lettres puis-je envoyer à un détenu ?
Autant que vous le souhaitez. Le nombre est illimité.
Mes lettres sont-elles lues ?
En principe non. La prison vérifie l'absence de substances ou d'objets interdits, mais ne lit pas le contenu. La lecture n'est possible que sur la base d'indices personnalisés de menace pour l'ordre ou la sécurité.
Peut-on envoyer des photos ?
Oui. Les photographies familiales sont acceptées. Les images à caractère illicite peuvent être retenues.
Le courrier est-il maintenu en cellule de punition ?
Oui. La correspondance est un droit qui ne peut jamais être supprimé, quelle que soit la sanction. Le nécessaire de correspondance reste accessible.
La correspondance avec l'avocat est-elle protégée ?
Oui, de manière absolue. Elle ne peut être ni contrôlée, ni lue, ni retenue, en aucune circonstance.
Que faire si une lettre n'est pas transmise au détenu ?
La direction doit informer le détenu par écrit, avec les motifs. Cette décision est contestable devant la commission des plaintes dans un délai de sept jours.
Le détenu peut-il écrire à n'importe qui ?
Oui, sous réserve des restrictions imposées par le juge d'instruction pour les personnes en détention préventive. Pour les condamnés, il n'y a en principe aucune restriction sur les destinataires.
Comment le détenu peut-il acheter des timbres ?
Via la cantine de la prison, avec l'argent de son compte personnel. Le compte est alimenté par virement bancaire de la famille. Les coordonnées bancaires sont communiquées par le greffe.
Le présent article reflète l'état du droit au 4 juin 2026. Les modalités pratiques peuvent varier selon le règlement intérieur de chaque établissement. Contactez le greffe de la prison pour connaître les règles spécifiques.



Commentaires