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La permission de sortie en prison en Belgique : comment ça marche ?

Dernière mise à jour : il y a 1 heure


2 juin 2026


Un détenu en Belgique peut-il sortir de prison quelques heures pour des funérailles, une naissance ou un rendez-vous médical ? Et comment obtenir des sorties régulières pour préparer sa libération ? La permission de sortie est souvent mal connue, alors qu'elle joue un rôle décisif dans le parcours vers le bracelet électronique ou la libération conditionnelle. Cet article explique concrètement ce qu'est une permission de sortie, comment l'obtenir, et ce qu'il faut faire si elle est refusée.


En bref. La permission de sortie permet de quitter la prison pour seize heures maximum, tout en continuant à exécuter sa peine. Il en existe deux types : la permission occasionnelle (funérailles, naissance, rendez-vous médical — possible à tout moment) et la permission périodique (préparation de la réinsertion — possible à partir de deux ans avant la date d'admissibilité à la libération conditionnelle). C'est un droit, pas une faveur. Si les conditions légales sont remplies, l'administration est tenue de l'accorder. La permission de sortie est une étape quasi incontournable vers la libération conditionnelle ou le bracelet électronique. Ne pas la demander, c'est retarder tout le parcours. Ce n'est pas le juge qui décide, mais l'administration pénitentiaire.

Peut-on sortir de prison pour des funérailles ou une naissance en Belgique ?


Oui. C'est ce qu'on appelle la permission de sortie occasionnelle. Elle peut être accordée à tout moment de la détention — même en début de peine — pour des situations ponctuelles et importantes.


Les cas les plus fréquents : assister aux funérailles d'un proche, se rendre au chevet d'un parent mourant, assister à une naissance, se rendre à une audience judiciaire, consulter un médecin spécialiste, refaire une carte d'identité.


Il n'y a pas de condition de durée minimale de peine. La demande doit être faite par le détenu, par écrit, avec les justificatifs (certificat de décès, convocation médicale, avis d'audience). Pour les urgences familiales, la réponse peut intervenir rapidement si le dossier est complet.


Comment obtenir des permissions de sortie régulières pour préparer sa libération ?


La permission de sortie périodique est une sortie régulière, de seize heures maximum, accordée pour préparer la réinsertion sociale. Elle peut être demandée à partir de deux ans avant la date d'admissibilité à la libération conditionnelle. Pour préparer le plan de réinsertion sociale, consultez notre guide dédié


Ce qui rend cette permission stratégiquement décisive, c'est que les tribunaux de l'application des peines la considèrent comme un test préalable quasi obligatoire avant d'accorder un bracelet électronique ou une libération conditionnelle. Un condamné qui n'a jamais bénéficié de permissions de sortie a très peu de chances d'obtenir une libération — le tribunal considérera qu'il n'a pas été « testé » en milieu ouvert.


Ne pas demander de permissions de sortie dès l'admissibilité, c'est retarder l'ensemble du parcours vers la sortie. Chaque mois perdu se paie.


Qui décide d'accorder une permission de sortie de prison en Belgique ?


Ce n'est ni le juge ni le tribunal qui décide. C'est l'administration pénitentiaire.


Le directeur de la prison reçoit la demande, instruit le dossier, et transmet un avis motivé à la Direction Gestion de la Détention du SPF Justice. C'est cette direction qui rend la décision finale. Si l'avis du directeur est favorable et que l'administration ne répond pas dans le délai prévu, la permission est réputée accordée selon les conditions proposées par le directeur.


La permission de sortie en prison en Belgique


Quelles sont les conditions pour obtenir une permission de sortie ?


Trois conditions doivent être réunies :


  1. La condition de temps. Pour la permission occasionnelle, il n'y en a pas — elle peut être demandée dès le premier jour. Pour la permission périodique, le condamné doit se trouver dans les deux ans précédant sa date d'admissibilité à la libération conditionnelle.


  2. L'absence de contre-indications. La loi en prévoit trois, et seulement trois : le risque de fuite, le risque de commettre des infractions graves portant atteinte à l'intégrité physique de tiers, et le risque d'importuner les victimes. Un refus fondé sur un autre motif est illégal. Ces contre-indications ne peuvent fonder un refus que si des conditions particulières ne permettraient pas d'y répondre.


  3. L'accord du condamné sur les conditions qui lui sont imposées pour la sortie.



La permission de sortie est-elle un droit ou une faveur?


C'est un droit. Lorsque les conditions légales sont remplies, l'administration est tenue d'accorder la permission. Un refus non motivé ou fondé sur un motif étranger aux trois contre-indications légales est contestable en justice.


Refus de permission de sortie : que faire ?


Deux voies principales existent.


Le juge des référés. Puisque la permission de sortie est un droit, un refus injustifié peut être contesté devant le juge des référés du tribunal de première instance, qui peut ordonner l'octroi sous astreinte. Attention toutefois que le juge des référés n'est pas le juge "naturel" de l'exécution des peines. Ce qu'il peut sanctionner, c'est un refus illégal ou non motivé, sans refaire une appréciation au fond.


Le mécanisme de déblocage via le tribunal de l'application des peines. En cas de refus répétés de l'administration, le condamné peut demander au tribunal de l'application des peines d'octroyer directement des permissions de sortie dans le cadre d'une demande de bracelet électronique ou de libération conditionnelle. Ce mécanisme, conçu comme une soupape d'urgence, est devenu en pratique une stratégie courante de déblocage.


Dans les deux cas, l'intervention d'un avocat spécialisé est recommandée.


Ce que la famille peut faire concrètement


La demande de permission est introduite par le détenu lui-même — la famille ne peut pas la déposer à sa place. Mais son rôle est concret.


Fournir une adresse d'accueil. Si la permission est accordée pour rendre visite à la famille, l'adresse d'accueil devra être communiquée à la direction. Il peut être demandé de confirmer par écrit que le condamné sera accueilli.


Préparer les justificatifs en cas d'urgence. Décès d'un parent : rassemblez le certificat de décès et les informations sur la cérémonie. Rendez-vous médical : procurez la convocation. Le détenu joindra ces documents à sa demande.


Mobiliser un avocat en cas de refus. Si la permission est refusée alors que les conditions semblent remplies, contactez un avocat spécialisé sans attendre.


Différence entre permission de sortie et congé pénitentiaire


Permission de sortie

Congé pénitentiaire

Durée maximale

16 heures (retour le jour même)

36 heures

Admissibilité (régulière)

2 ans avant l'admissibilité à la libération conditionnelle

1 an avant l'admissibilité à la libération conditionnelle

Fréquence

Selon les besoins ou le projet de réinsertion

Jusqu'à 4 fois par trimestre


Les erreurs qui coûtent cher


Ne pas demander de permissions de sortie dès l'admissibilité. 


C'est l'erreur la plus fréquente. Le tribunal refusera une libération conditionnelle si le condamné n'a jamais été « testé » en milieu ouvert.


Accepter un refus sans réagir. 


La permission de sortie est un droit. Un refus non motivé ou fondé sur un motif illégal peut et doit être contesté.


Confondre permission de sortie et congé pénitentiaire. 


La permission de sortie dure seize heures maximum. Le congé pénitentiaire dure trente-six heures et obéit à des conditions différentes. Les deux sont utiles dans le parcours vers la libération. Le congé pénitentiaire est une étape distincte — consultez notre guide


Ne pas informer l'avocat des refus. 


Chaque refus doit être analysé pour en identifier le motif et préparer la contestation ou la demande suivante.


Questions fréquentes


Un détenu peut-il sortir de prison pour des funérailles en Belgique?


Oui. La permission de sortie occasionnelle peut être demandée à tout moment, même en début de peine. Il faut agir vite et joindre le certificat de décès à la demande.


À partir de quand peut-on demander des permissions de sortie régulières ?


Les permissions périodiques sont accessibles à partir de deux ans avant la date d'admissibilité à la libération conditionnelle. Pour une peine de dix ans, cela correspond environ à un an et quatre mois après le début de la peine. Les permissions de sortie préparent le dossier de libération conditionnelle


Les permissions de sortie sont-elles obligatoires avant le bracelet électronique ?


Juridiquement non. En pratique oui : les tribunaux les considèrent comme une étape quasi incontournable.


Qui décide d'accorder la permission de sortie ?


L'administration pénitentiaire — pas le juge. Le directeur de la prison rend un avis, et la Direction Gestion de la Détention prend la décision finale.


Que faire si la permission de sortie est refusée ?


Le refus peut être contesté devant le juge des référés ou, en cas de refus répétés, via un mécanisme de déblocage devant le tribunal de l'application des peines. Consultez un avocat spécialisé.


Combien de temps dure une permission de sortie ?


Seize heures maximum. Le détenu quitte la prison et revient le même jour.


Quelle est la différence entre permission de sortie et congé pénitentiaire ?


La permission de sortie dure seize heures maximum et est accessible deux ans avant la date d'admissibilité à la libération conditionnelle. Le congé pénitentiaire dure trente-six heures, quatre fois par trimestre, et est accessible un an avant.


Le présent article reflète l'état du droit au 2 juin 2026. Les règles varient selon la durée de la peine et la nature des infractions. Consultez un avocat spécialisé pour une analyse de votre situation.

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