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Famille d'accueil ou institution : ce qui change vraiment pour votre enfant

il y a 4 jours
5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Quand l'éloignement devient inévitable, une question surgit immédiatement : où ? Chez la tante, dans une famille inconnue, dans un foyer collectif ? Les parents découvrent souvent qu'ils n'ont pas choisi — et ignorent que le Code, lui, impose un ordre.


Ces règles sont celles du Code de la prévention, de l'aide à la jeunesse et de la protection de la jeunesse de la Communauté française (décret du 18 janvier 2018) et de la loi du 19 mars 2017 sur le statut des accueillants familiaux. À Bruxelles, selon le service qui intervient, l'aide à la jeunesse peut relever de textes spécifiques : faites vérifier lesquels s'appliquent à votre situation.


Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. L'ordre est imposé : d'abord un membre de la famille ou un familier, ensuite un accueillant familial extérieur, en dernier lieu un établissement. Les frères et sœurs ne doivent pas être séparés, sauf impossibilité ou intérêt contraire. Un accueillant familial est une personne physique qui assume volontairement l'accueil ; un service résidentiel est un service mandaté qui héberge. Les droits de l'enfant sont les mêmes dans les deux cas : communiquer avec qui il veut, parler à un avocat et au délégué général, recevoir de l'argent de poche. Et vous devez recevoir le règlement d'ordre intérieur dès son arrivée.

L'ordre que le service doit suivre

Ce n'est pas une préférence : c'est une hiérarchie. D'abord un membre de sa famille ou un de ses familiers, ensuite un accueillant familial qui n'est ni l'un ni l'autre, en dernier lieu un établissement approprié. Autrement dit, l'institution n'est pas la solution de référence : c'est la dernière de la liste. Et la première option est celle que vous pouvez alimenter vous-même, en proposant un proche — voyez Placement : faire valoir l'accueil chez un proche.


Reste l'hypothèse que les textes n'ont pas prévue, et qui est devenue fréquente : aucune de ces trois solutions n'est disponible, et l'enfant est hébergé à l'hôpital, parfois durant des semaines, sans être malade. C'est un lieu d'attente, pas un lieu d'accueil — et il pose en outre un problème financier que les parents découvrent trop tard, expliqué dans Enfant placé à l'hôpital par le juge de la jeunesse : qui paie la facture ?.


Ce qu'est un accueillant familial

Le Code en donne une définition simple et éclairante : une personne physique qui assume volontairement, dans le cadre d'une mesure d'aide ou de protection, l'accueil d'un enfant dont elle n'est ni la mère ni le père. Deux mots comptent. Personne physique : ce n'est pas une structure, c'est une famille. Volontairement : personne ne lui impose cet accueil.


Une conséquence souvent ignorée mérite d'être connue des deux côtés : pour le droit aux relations personnelles, la personne chez qui un enfant a été placé de manière permanente pendant au moins un an est présumée avoir un lien d'affection particulier avec lui.


Ce qu'est un service résidentiel

C'est un service mandaté qui héberge l'enfant. L'encadrement y est professionnel, organisé, collectif — avec un règlement d'ordre intérieur dont vous devez recevoir copie dès l'arrivée de votre enfant. Cette formalisation a un revers et un avantage. Le revers : la vie est cadrée par des horaires et des règles collectives. L'avantage : ces règles sont écrites, donc vérifiables, et un manquement se démontre plus facilement qu'en milieu familial.


Pour l'enfant, qu'est-ce qui change ?

Sur le plan des droits, rien : qu'il soit chez un proche, chez un accueillant familial ou dans un service résidentiel, l'enfant hébergé hors de son milieu de vie a le droit de communiquer avec toute personne de son choix, doit être informé de son droit de parler à un avocat et au délégué général, et reçoit de l'argent de poche — nous les détaillons dans Votre enfant est placé : les droits qu'on doit lui garantir.


Sur le plan du vécu, tout change. En famille, il retrouve une vie de maison, mais peut se sentir en position d'invité, ou pris dans un conflit de loyauté. En collectivité, il perd de l'intimité, mais gagne parfois d'être « comme les autres » et de ne plus se sentir observé en permanence.


Un exemple. Une adolescente de quinze ans, placée chez une accueillante, demande à rejoindre un service résidentiel où vivent des jeunes de son âge. Son père y voit un échec. C'est en réalité une demande à prendre au sérieux : à partir de quatorze ans, son accord est requis pour toute mesure dans l'aide consentie, et son avis pèse dans tous les cas.


Pouvez-vous avoir un mot à dire sur le lieu ?

  • proposez un proche : c'est la première option de la hiérarchie, et elle doit être envisagée ;

  • demandez que la fratrie ne soit pas séparée ; si elle l'est, demandez par écrit pourquoi et ce qui a été tenté ;

  • faites valoir la proximité géographique : elle conditionne la fréquence réelle des contacts, donc la possibilité du retour ;

  • contestez le cas échéant : les décisions du directeur se contestent devant le tribunal de la jeunesse — faites-vous conseiller rapidement plutôt que d'attendre l'échéance suivante.



En cas de changement de lieu

Un transfert d'un service résidentiel à un autre se décide sur la base d'un rapport circonstancié, et l'enfant doit être informé des motifs ainsi que des caractéristiques de son nouveau milieu d'accueil. Dans l'aide consentie, votre accord est en principe requis, sauf raisons médicales ou de sécurité ; dans le cadre contraint, il ne l'est pas — mais la décision se conteste.


Questions fréquentes


Puis-je refuser que mon enfant aille en famille d'accueil ?


Dans l'aide consentie, un hébergement hors du milieu de vie suppose votre accord. Dans le cadre contraint, la mesure est ordonnée par le juge et le directeur en fixe les modalités — mais l'ordre de priorité s'impose à lui, et une solution familiale existante doit être envisagée.


La famille d'accueil devient-elle la nouvelle famille de mon enfant ?


Non. L'accueillant assume l'accueil ; vous restez les parents. Le Code impose d'ailleurs de veiller aux relations personnelles et aux contacts directs avec vous, et d'évaluer régulièrement la possibilité d'un retour.


Vaut-il mieux une famille d'accueil ou une institution ?


Le Code répond pour partie : le proche avant l'accueillant extérieur, l'accueillant extérieur avant l'établissement. Pour le reste, cela dépend de l'âge de votre enfant, de ses besoins et de son avis — qui, dès quatorze ans, conditionne la mesure dans l'aide consentie.


Un lieu d'accueil vous est annoncé, ou il ne convient pas à votre enfant ? L'ordre de priorité du Code est un argument, pas une théorie. Racontez-nous la situation : nous faisons valoir la solution familiale, nous demandons que la fratrie reste ensemble, et nous contestons le choix qui ne se justifie pas. Nous sommes joignables 7j/7, partout en Wallonie et à Bruxelles.


Cet article, à jour au 15 septembre 2026, donne des informations générales et ne remplace pas un avis sur votre situation.

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