top of page

Droits des grands-parents : voir son petit-enfant malgré un refus ou un placement

il y a 3 heures
5 min de lecture

Les procédures parlent des parents et de l'enfant ; les grands-parents, eux, ont souvent l'impression de ne compter pour rien — qu'un conflit familial leur ferme la porte, ou qu'un placement les tienne à l'écart. C'est une erreur de perspective : le droit belge vous reconnaît une place, sur deux scènes différentes — celle du tribunal de la famille et celle de l'aide à la jeunesse. Voici laquelle activer selon votre situation.


Le droit aux relations personnelles vaut dans tout le pays. Le volet « aide à la jeunesse » décrit ici est celui applicable en Wallonie ; à Bruxelles, la protection des mineurs en danger obéit à des textes spécifiques et certaines règles diffèrent.


Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. Depuis 1995, les grands-parents ont un droit de principe à entretenir des relations personnelles avec leur petit-enfant ; depuis une loi de 2018, le tribunal de la famille ne peut le refuser que s'il est contraire à l'intérêt de l'enfant. Quand l'aide à la jeunesse intervient, les contacts s'organisent dans le cadre de la mesure et peuvent se demander ; mieux : si un placement se profile, l'accueil chez un membre de la famille est prioritaire sur l'institution — vous pouvez être la solution. Le même droit aux relations personnelles peut être reconnu à un beau-parent ou à tout proche justifiant d'un lien d'affection particulier.

Voir son petit-enfant : un droit de principe, pas une faveur


Depuis une loi du 13 avril 1995, les grands-parents ont le droit d'entretenir des relations personnelles avec l'enfant — sans devoir prouver quoi que ce soit de particulier : la loi présume que ce lien sert l'enfant. À défaut d'accord avec les parents, c'est le tribunal de la famille qui en règle l'exercice, dans l'intérêt de l'enfant.


Une loi du 15 juin 2018 a encore renforcé cette position : le tribunal ne peut refuser l'exercice de ce droit que s'il est contraire à l'intérêt de l'enfant. Ce n'est donc pas à vous de justifier votre place ; c'est le refus qui doit se justifier. La même loi invite à la voie amiable : dès la première audience, le tribunal interroge les parties sur ce qui a été tenté pour résoudre le conflit autrement — une raison de plus de documenter vos démarches avant d'agir.


Quand l'aide à la jeunesse est dans le dossier


Si votre petit-enfant fait l'objet d'une mesure — suivi au SAJ, mesure du tribunal exécutée par le SPJ, placement —, les contacts avec l'entourage s'organisent dans le cadre de cette mesure. Les grands-parents peuvent solliciter des rencontres auprès des intervenants, et le tribunal de la jeunesse peut, lorsque c'est lié à la mesure de protection, statuer lui-même sur les relations personnelles de l'enfant avec ses grands-parents ou sa fratrie.


Une nuance de procédure, que la jurisprudence bruxelloise a précisée : devant le tribunal de la jeunesse, les proches ne peuvent pas déclencher eux-mêmes cette demande — ils interviennent à la procédure, sans pouvoir l'introduire. Concrètement, votre voix s'y fait entendre en vous joignant à une procédure existante, ou en passant par le tribunal de la famille, qui reste votre porte d'entrée naturelle. Un avocat détermine la voie la plus rapide selon l'état du dossier — nous détaillons cette articulation dans notre article Tribunal de la famille ou tribunal de la jeunesse : qui décide pour votre enfant ?


Devenir la solution : la priorité d'accueil chez un proche


C'est le levier le plus méconnu, et souvent le plus puissant. Lorsqu'un hébergement hors du milieu de vie est envisagé ou décidé, le Code impose une hiérarchie : l'accueil par un membre de la famille ou un proche de confiance est prioritaire sur la famille d'accueil, elle-même prioritaire sur l'institution. Des grands-parents disponibles ne sont pas une simple préférence affective : ils sont un argument juridique.


Pour peser, manifestez-vous tôt et concrètement : dites aux intervenants, par écrit, que vous êtes candidats à l'accueil, décrivez votre cadre de vie et votre disponibilité, et faites-le acter. Le fonctionnement complet du placement — qui décide, les droits des parents, le retour — est détaillé sur notre page Placement d'un enfant : vous restez ses parents.



Beau-parent, parrain, proche : le lien d'affection particulier


Le droit aux relations personnelles n'est pas réservé aux grands-parents : il peut être octroyé à toute personne justifiant d'un lien d'affection particulier avec l'enfant — un beau-parent qui a partagé son quotidien, un parrain, une tante de cœur. La différence avec les grands-parents : ce lien doit être démontré, pièces à l'appui — durée de la vie commune, implication dans l'éducation, régularité des contacts.


Un cas est même facilité par la loi du 19 mars 2017 sur le statut des accueillants familiaux : la personne chez qui l'enfant a été placé de manière permanente pendant au moins un an est présumée avoir ce lien d'affection particulier. Un accueillant qui a hébergé l'enfant durablement n'a donc plus à prouver l'évidence pour demander à garder le contact.


Questions fréquentes


Les parents peuvent-ils m'interdire de voir mon petit-enfant ?


Ils peuvent le refuser en fait, pas en droit : à défaut d'accord, le tribunal de la famille tranche, et il ne peut écarter vos relations personnelles que si elles sont contraires à l'intérêt de l'enfant. Tentez d'abord la voie amiable, en gardant trace de vos démarches.


Mon petit-enfant va être placé : puis-je l'accueillir chez moi ?


C'est précisément ce que le Code privilégie : l'accueil par un membre de la famille ou un proche passe avant la famille d'accueil et l'institution. Proposez-vous par écrit, le plus tôt possible, auprès du service ou à l'audience — et faites appuyer votre candidature par un avocat si elle se heurte à un refus.


Un beau-parent a-t-il des droits après une séparation ?


Oui, s'il démontre un lien d'affection particulier avec l'enfant : le tribunal de la famille peut alors lui reconnaître des relations personnelles. Et s'il a accueilli l'enfant de manière permanente pendant au moins un an, ce lien est présumé.


On vous écarte de votre petit-enfant, ou vous voulez proposer votre accueil face à un placement ? Racontez-nous la situation : nous identifions la bonne voie — amiable, tribunal de la famille ou procédure protectionnelle — et nous construisons le dossier qui fait exister votre place. Nous intervenons partout en Wallonie et à Bruxelles, 7j/7.



Cet article, à jour au 13 septembre 2026, donne des informations générales et ne remplace pas un avis sur votre situation.

Commentaires


Les commentaires sur ce post ne sont plus acceptés. Contactez le propriétaire pour plus d'informations.
bottom of page