Je veux voir mon enfant placé
Dernière mise à jour : 3 oct.
Votre enfant est placé, à la suite d'une décision du SAJ, du SPJ ou du tribunal de la jeunesse, et vous ne le voyez qu'une heure de temps en temps, parfois moins. Voir votre enfant n'est pas une récompense accordée aux parents méritants : c'est un principe inscrit dans le Code.
Ces règles sont celles du Code de la prévention, de l'aide à la jeunesse et de la protection de la jeunesse de la Communauté française (décret du 18 janvier 2018). À Bruxelles, selon le service qui intervient, l'aide à la jeunesse peut relever de textes spécifiques : faites vérifier lesquels s'appliquent à votre situation.
Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. Le placement ne coupe pas le lien. Le Code impose de veiller, en cas d'éloignement, au droit de l'enfant d'entretenir des relations personnelles et des contacts directs avec ses parents. L'enfant a le droit de communiquer avec toute personne de son choix ; lorsque la mesure a été imposée, seule une décision contraire du tribunal de la jeunesse peut l'écarter. Le directeur du SPJ fixe les modalités, et ces modalités peuvent être modifiées. Sa décision se conteste devant le tribunal de la jeunesse, sans délai imposé.
Un principe, pas une faveur
Beaucoup de parents vivent les visites comme une monnaie d'échange : on les accorde quand tout va bien, on les réduit quand le service est mécontent. Ce n'est pas ce que dit le texte. En cas d'éloignement, il doit être particulièrement veillé au droit de l'enfant d'entretenir des relations personnelles et des contacts directs avec ses parents. Le point de départ est donc le contact ; c'est sa limitation qui doit s'expliquer.
Qui fixe le rythme des visites
Si votre dossier est au SAJ, le placement repose sur un accord, et les rencontres en font partie : elles se discutent avec le conseiller. Si le placement a été imposé par le tribunal, c'est le directeur du SPJ qui décide des modalités, et qui peut les modifier.
Deux choses se confondent souvent. Une règle d'organisation — un jour fixe, une heure, un lieu — relève de la vie du service. Une limitation des contacts, elle, relève d'une décision, et cette décision doit exister.
Un exemple. Une mère voit son fils une heure tous les quinze jours depuis six mois. Personne ne lui a dit pourquoi ce rythme, ni ce qui permettrait de l'élargir. Elle demande par écrit sur quelle décision repose cette fréquence, et ce qui est attendu pour la revoir. La réponse, quelle qu'elle soit, donne enfin une base à discuter.

Ce qui fait bouger les choses
Un rythme de visites n'est pas figé. Voici ce qui pèse lorsqu'on demande à le revoir.
Une demande écrite : une demande orale ne laisse aucune trace dans le dossier.
La décision qui fonde la limitation : savoir qui a décidé, quand, et pour quelle raison.
Des rencontres régulières, qui se passent bien, et dont il reste une trace.
Le tribunal de la jeunesse, si la discussion n'aboutit pas : la contestation n'est enfermée dans aucun délai.
Le détail des modalités possibles et de la manière de les faire évoluer se trouve dans voir mon enfant placé : quels contacts, et comment en obtenir plus.
Questions fréquentes
Peut-on m'interdire de voir mon enfant ?
Une interdiction de contact est une décision, et elle doit exister. Lorsque la mesure a été imposée, seul le tribunal de la jeunesse peut écarter le droit de l'enfant de communiquer avec la personne de son choix. Un service organise les contacts ; il ne les supprime pas de sa propre autorité.
Les visites en présence d'un tiers sont-elles définitives ?
Non. Les modalités peuvent être modifiées, et c'est ce qui se demande lorsque les rencontres se passent bien. Nous décrivons ce cadre dans la première visite encadrée.
Et entre deux visites, puis-je l'appeler ?
Le droit de communiquer appartient à votre enfant. Le cadre pratique figure dans le règlement d'ordre intérieur du lieu d'accueil, dont vous devez avoir reçu copie. Voyez entre deux visites : garder le lien avec un enfant placé.
Vous voyez trop peu votre enfant, ou vos rencontres n'évoluent pas ? Nous vérifions ce que la décision prévoit réellement, nous demandons par écrit ce qui fonde la limitation, et nous saisissons le tribunal de la jeunesse si rien ne bouge. Joignables 7j/7, partout en Wallonie et à Bruxelles : prenez contact.
Olivier Dupont — avocat depuis 2007, pratiquant quotidiennement le droit pénal, le droit de la jeunesse, et le droit des personnes vulnérables, titulaire de l'agrément requis pour intervenir devant la Cour de cassation en matière pénale.
Cet article, à jour au 20 septembre 2026, donne des informations générales et ne remplace pas un avis sur votre situation.




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