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Ils viennent chez moi : dois-je les laisser entrer ?

20 sept.
3 min de lecture

Dernière mise à jour : 3 oct.

Le SAJ ou le SPJ, les services de l'aide et de la protection de la jeunesse, annonce qu'un délégué va venir chez vous. Ou quelqu'un sonne sans avoir prévenu. Personne ne peut entrer chez vous de force ; mais ce que vous répondez sur le pas de la porte finira dans un écrit.


Ces règles sont celles du Code de la prévention, de l'aide à la jeunesse et de la protection de la jeunesse de la Communauté française (décret du 18 janvier 2018). À Bruxelles, selon le service qui intervient, l'aide à la jeunesse peut relever de textes spécifiques : faites vérifier lesquels s'appliquent à votre situation.


Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. Votre domicile est protégé par la Constitution. Un délégué du SAJ ou du SPJ n'est ni un policier muni d'un mandat ni un huissier : il ne peut pas entrer contre votre volonté, et une visite n'est pas une fouille. Vous pouvez proposer que la rencontre ait lieu au service, ou à une autre date, et être accompagné d'une personne majeure de votre choix et d'un avocat. Un refus reste légitime ; un refus sans explication écrite laisse la version du service seule au dossier.

Peuvent-ils entrer sans votre accord ?

Non. L'inviolabilité du domicile est garantie par la Constitution, et le délégué n'a aucun pouvoir de contrainte. Rien ne peut non plus être ouvert contre votre gré : ni armoire, ni frigo. On peut vous demander à voir la chambre de l'enfant ; vous pouvez accepter ou non.


Ce que coûte une porte fermée

Le droit de refuser existe, mais il a un prix qu'il vaut mieux connaître. Le Code vise les parents qui « refusent ou négligent » l'aide, et un service qui n'a pas pu voir comble le vide par l'inquiétude. Dans un rapport, une porte close devient une réticence. Ce n'est donc pas le refus qui pèse le plus : c'est le refus dont il ne reste aucune explication écrite.


Le cadre compte aussi. Au SAJ, l'aide repose sur votre accord, et le domicile n'est qu'un lieu de rencontre possible parmi d'autres. Au SPJ, une décision de justice existe déjà : la marge se réduit, sans disparaître.


Un exemple. Une déléguée se présente un mercredi, sans avoir prévenu, alors que la mère part travailler. Celle-ci explique sur le seuil que le moment est impossible, propose le vendredi, et confirme par courriel le jour même. Le rapport mentionnera un rendez-vous déplacé à sa demande, pas une porte fermée.



Ce qui peut être proposé à la place

Entre ouvrir sans condition et refuser, il existe des solutions intermédiaires.


  • Une rencontre dans les locaux du service, plutôt qu'à la maison.

  • Une autre date, qui permette la présence de la personne de confiance ou de l'avocat.

  • Une confirmation écrite de ce qui a été proposé : c'est la seule preuve le jour où le dossier retiendrait que vous n'avez pas donné suite.


Ce que le délégué regarde réellement, et ce que devient la visite ensuite, est décrit dans visite à domicile du SAJ ou du SPJ : à quoi vous attendre, et comment vous y préparer.


Questions fréquentes


Peuvent-ils venir sans prévenir ?


Les rencontres se fixent en principe par convocation ou de commun accord. Si quelqu'un se présente à l'improviste et que le moment est impossible, un autre rendez-vous peut être proposé sur le seuil, puis confirmé par écrit le jour même.


Mon logement est petit et en désordre : est-ce un risque ?


Un logement modeste ou exigu ne justifie pas à lui seul une mesure. Ce qui est regardé, c'est la sécurité et la place de l'enfant, pas l'état du ménage.


Comment écrire au service pour déplacer la visite ?


Court, calme, avec une proposition précise. La forme utile est détaillée dans écrire au SAJ ou au SPJ : le courrier qui change un dossier.


Une visite est annoncée chez vous, ou quelqu'un s'est présenté sans prévenir ? Nous vous disons dans quel cadre vous êtes, nous écrivons au service pour fixer le lieu et la date, et nous pouvons être présents lors de la rencontre. Joignables 7j/7, partout en Wallonie et à Bruxelles : prenez contact.


Olivier Dupont — avocat depuis 2007, pratiquant quotidiennement le droit pénal, le droit de la jeunesse, et le droit des personnes vulnérables, titulaire de l'agrément requis pour intervenir devant la Cour de cassation en matière pénale.


Cet article, à jour au 20 septembre 2026, donne des informations générales et ne remplace pas un avis sur votre situation.

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