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Convocation d'un mineur par la police : mon enfant a-t-il l'obligation d'y aller ?

Dernière mise à jour : 9 juil.


25 juin 2026



La convocation est là, sur la table de la cuisine. Elle indique une date, une heure, un commissariat, et le nom de votre enfant. La première question, presque réflexe, est aussi la plus pratique : doit-il vraiment s'y rendre ? En droit belge, peut-on ignorer cette convocation, la reporter, refuser ? Derrière ces interrogations se cache souvent l'espoir que tout cela puisse simplement ne pas avoir lieu. La réalité est plus nuancée : si la contrainte immédiate est limitée, ne pas réagir serait une erreur. Voici pourquoi.


Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. Quand il est convoqué « en catégorie 3 » sans être privé de liberté, votre enfant n'est pas physiquement contraint de se présenter à l'heure dite : il garde sa liberté d'aller et venir. Mais ignorer la convocation est une mauvaise stratégie : le Procureur du Roi peut réagir, et votre enfant s'expose à être interpellé plus tard, dans des conditions moins favorables. La bonne approche n'est ni de se précipiter seul, ni d'ignorer le courrier, mais de contacter un avocat — gratuit pour un mineur — qui pourra, si besoin, reporter l'audition et la préparer. On ne fuit pas une convocation : on s'y prépare.

Convocation de police pour un mineur : quelle est son obligation légale ?


Il faut distinguer deux situations très différentes. Si votre enfant est convoqué alors qu'il n'est pas privé de liberté — le cas d'une convocation écrite reçue à domicile —, il conserve sa liberté d'aller et venir. Sur le plan strictement physique, il n'est donc pas contraint, ce jour-là, de franchir la porte du commissariat.


Mais cette absence de contrainte immédiate ne doit pas être confondue avec une absence de conséquences. Une convocation émane des autorités dans le cadre d'une enquête, et la traiter comme une lettre que l'on peut jeter serait une lourde erreur d'appréciation. La vraie question n'est pas « peut-il ne pas y aller ? », mais « que se passe-t-il s'il n'y va pas ? ». Et la réponse invite à la prudence.



Que se passe-t-il si mon enfant ne se présente pas ?


Ignorer une convocation n'éteint pas l'affaire — au contraire, cela en fait perdre la maîtrise. Informé que votre enfant ne s'est pas présenté, le Procureur du Roi dispose de moyens pour faire avancer son enquête malgré tout.


Concrètement, votre enfant peut faire l'objet d'un signalement, et être interpellé plus tard — à un moment et dans un lieu qu'il n'aura pas choisis : à son domicile, dans la rue, parfois dans des circonstances bien plus déstabilisantes qu'une audition planifiée. Là où une convocation laisse le temps de se préparer et de venir accompagné d'un avocat, une interpellation subie place le jeune dans une position de faiblesse. En clair : ne pas répondre ne fait pas disparaître le problème, cela le rend plus difficile à gérer.


Peut-on reporter l'audition ?


Oui, et c'est souvent la bonne solution lorsqu'on n'est pas prêt. Une convocation n'est pas un couperet : dans bien des cas, l'audition peut être déplacée à une date ultérieure. Il ne s'agit pas de fuir, mais de se donner le temps de préparer correctement la défense de votre enfant.


La démarche la plus sûre consiste à confier ce report à un avocat. Plutôt que d'appeler vous-même le commissariat dans l'urgence, laissez votre conseil prendre contact avec le service de police : il pourra solliciter un report si nécessaire, et surtout mettre ce délai à profit pour s'entretenir avec votre enfant et le préparer. Un report obtenu et bien utilisé vaut infiniment mieux qu'une audition précipitée, abordée sans préparation.


Faut-il s'y rendre, alors — et comment ?


Oui, mais préparé. Le bon réflexe n'est ni d'ignorer la convocation, ni de s'y précipiter tête baissée. C'est de répondre, mais en s'entourant. Dès réception du courrier, contactez un avocat : pour un mineur, son intervention est entièrement gratuite. C'est lui qui déterminera s'il faut se rendre à la date prévue ou demander un report, et qui préparera votre enfant lors de la concertation confidentielle qui précède toute audition en catégorie 3 (audition Salduz 3).


Se présenter accompagné, après avoir compris ses droits et la portée de ce qui sera dit, change tout : l'audition devient une étape maîtrisée plutôt qu'une épreuve subie. C'est exactement la différence que fait une bonne préparation.


Questions fréquentes


La police peut-elle forcer mon enfant à venir ?


S'il est convoqué sans être privé de liberté, votre enfant n'est pas physiquement contraint de se présenter à la date indiquée. Mais en cas d'absence, le Procureur du Roi peut réagir et votre enfant risque d'être interpellé plus tard, dans des conditions moins favorables. Mieux vaut donc répondre, mais préparé.


Peut-on demander un report de l'audition ?


Oui, c'est souvent possible. Le plus sûr est de confier cette démarche à un avocat, qui contactera le service de police et mettra ce délai à profit pour préparer votre enfant. Un report bien utilisé vaut mieux qu'une audition précipitée.


Et s'il se présente à la convocation, peut-il être privé de liberté ?


Légalement, oui. Néanmoins, si la police a convoqué votre enfant, sans venir le chercher dans le cadre d'une privation de liberté, le risque est relativement limité.


Cet article concerne l'audition de votre enfant par la police. Pour comprendre l'ensemble de ses droits, consultez notre page sur l'audition d'un mineur par la police (catégorie 3 / Salduz 3). Voyez aussi nos articles « « Juste quelques questions » : faut-il s'inquiéter ? » et « Police : ce qu'il ne faut surtout pas faire avant l'audition ».


Le présent article reflète l'état du droit au 25 juin 2026.

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