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La police peut-elle écouter vos appels WhatsApp ?

il y a 3 jours
12 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 10 heures

Mis à jour le 18 octobre 2026.


Un appel WhatsApp ne s'écoute pas comme une ligne téléphonique, et aucune source publique n'établit le contraire. Mais cela ne signifie pas que vos appels ne laissent rien. Qui vous avez appelé, quand, combien de temps, depuis quelle adresse : tout cela reste accessible, et l'expérience judiciaire montre que c'est souvent suffisant. Cet article explique ce qui est techniquement interceptable et ce qui ne l'est pas, raconte l'affaire Sky ECC — où les enquêteurs n'ont jamais cassé le chiffrement mais sont entrés ailleurs — et donne les chiffres réels des écoutes en Belgique, y compris celui que l'État a cessé de publier.

La réponse courte


Non, pas le contenu. Un appel WhatsApp, audio ou vidéo, est chiffré de bout en bout, et aucune source publique ne documente une interception de son contenu en transit. Au niveau européen, un rapport remis au Conseil de l'Union en juin 2024 ne conclut d'ailleurs pas à la faisabilité d'une telle interception : il recommande de créer un groupe de recherche pour en évaluer la faisabilité technique, tout en posant que les outils futurs ne doivent pas affaiblir le chiffrement.


Oui, pour tout le reste. Les journaux d'appels, l'adresse IP, les horodatages, la durée. Et sur l'appareil lui-même, des traces d'appels qu'aucune réquisition n'a eu à demander.


Et il existe une troisième voie, qui est celle qui fonctionne réellement : ne pas intercepter la communication, mais entrer là où elle n'est plus chiffrée.


Pourquoi un appel chiffré ne s'écoute pas


Ce que dit l'éditeur


Le livre blanc technique de WhatsApp couvre les appels, protégés par le protocole SRTP. Et dans une note d'ingénierie consacrée aux appels, Meta écrit sans détour que « WhatsApp cannot listen to your calls », y compris lorsque l'appel passe par ses serveurs au lieu de s'établir en direct.


C'est une affirmation vérifiable et cohérente avec l'architecture décrite. Elle a une conséquence juridique directe : une réquisition portant sur le contenu d'un appel WhatsApp n'a pas d'objet.


Votre adresse IP, en revanche, peut être exposée


Voici un détail que presque personne ne connaît. Par défaut, un appel WhatsApp s'établit directement entre les deux participants, ce qui suppose que chacun connaisse l'adresse IP de l'autre.


Une option introduite en octobre 2023 fait passer l'appel par les serveurs de WhatsApp et masque cette adresse à l'interlocuteur. Sans elle, votre adresse IP est exposée à la personne que vous appelez — donc, le cas échéant, à une partie civile, ou à un correspondant qui coopère avec les enquêteurs.


Ce n'est pas une interception. C'est une fuite par conception, et elle ne nécessite aucun acte judiciaire.


Ce qui reste accessible malgré le chiffrement


Les journaux d'appels, que Meta fournit


Le guide de Meta destiné aux autorités est explicite : même lorsqu'une conversation est chiffrée de bout en bout, l'entreprise indique fournir les journaux de messages et d'appels ainsi que les données d'adresses IP.


Autrement dit, le contenu disparaît, mais la structure de vos communications reste.


Le raisonnement est le même que pour les messages écrits, que nous détaillons dans notre article sur ce que la police obtient de WhatsApp : l’éditeur ne livre pas le contenu, mais il livre la structure des échanges.


Ce que les métadonnées suffisent à démontrer


On sous-estime massivement ce point, et un exemple documenté le montre bien. Dans une affaire américaine impliquant une fonctionnaire du Trésor, la plainte relevait que le téléphone avait échangé environ soixante-dix messages via l'application chiffrée en une vingtaine de minutes. Le contenu était inaccessible. Le volume et le rythme ont suffi à établir le lien.


Du côté européen, un rapport conjoint d'Europol et d'Eurojust rapporte que, pour les enquêteurs interrogés, les trois jeux de données les plus importants sont les journaux de connexion, le nom et l'adresse IP utilisée lors de l'inscription. Pas le contenu.


Les traces d'appels sur l'appareil


Un élément passe presque toujours inaperçu : il existe, sur iPhone, des journaux d'appels propres à WhatsApp, distincts de l'historique d'appels du téléphone.


Un rapport d'extraction peut donc contenir la trace de vos appels WhatsApp sans qu'aucune réquisition n'ait été adressée à Meta. C'est l'appareil qui les livre, et c'est donc la régularité de son examen qui est en cause — sujet que nous traitons dans notre article sur l'exploitation d'un téléphone saisi.



Sky ECC : le contre-exemple qui explique tout


Si vous ne devez retenir qu'un seul épisode de ce dossier, c'est celui-là. Il démontre mieux que toute explication technique où se situe la vraie vulnérabilité.


Ce qui s'est réellement passé


Sky ECC était une messagerie chiffrée utilisée par des réseaux criminels. Les autorités n'ont pas cassé son chiffrement.


Par son arrêt du 30 janvier 2024, la Cour de cassation belge décrit précisément le mécanisme : ce sont les autorités françaises qui ont intercepté les données entrantes et sortantes sur les serveurs de Sky ECC, hébergés à Roubaix, puis les ont rendues lisibles. L'opération a eu lieu, selon l'arrêt, après autorisation judiciaire et sous contrôle judiciaire, de façon ciblée et non par collecte générale. Le juge d'instruction belge, lui, n'a rien déchiffré.


Pourquoi c'est la seule méthode qui a fonctionné


Parce qu'un message chiffré de bout en bout ne l'est plus à ses extrémités, et parce qu'un serveur qui traite des communications est une extrémité comme une autre, selon l'architecture du service.


La leçon est générale et vaut pour vos appels : on n'attaque pas le chiffrement, on contourne le point où il s'arrête. C'est pour cela que la question utile dans un dossier n'est jamais « est-ce chiffré », mais « où les enquêteurs sont-ils entrés ».


Ce que la Cour de cassation en a dit


Le même arrêt refuse d'écarter cette preuve. La Cour applique le critère d'effectivité dégagé par la jurisprudence européenne et juge que le juge n'est pas tenu d'écarter des données irrégulières qui ne sont pas déterminantes pour la condamnation, dès lors que le prévenu a pu les contester et que les conditions de l'article 32 du titre préliminaire sont remplies.


Un autre arrêt, du 31 octobre 2023, précise que les communications régulièrement interceptées et saisies à l'étranger, puis transmises par entraide judiciaire, ne nécessitent aucune ordonnance complémentaire fondée sur l'article 90ter pour être exploitées, décryptage compris.


Mais le même arrêt ouvre une porte à la défense, et il faut la connaître : pour obtenir la jonction de pièces supplémentaires, il faut rendre plausibles l'irrégularité alléguée et l'intérêt à cette jonction — « une simple spéculation ne suffit pas » —, mais si elles le sont, le juge doit en règle ordonner la jonction.


Les écoutes téléphoniques en Belgique : les chiffres réels


Puisqu'on ne peut pas écouter un appel chiffré, la question devient : que fait l'État quand il écoute pour de bon ? Voici des chiffres que presque personne ne publie.


Combien de mesures par an


Les données officielles proviennent du rapport que le ministre de la Justice doit adresser chaque année au Parlement, prévu par l'article 90decies du Code d'instruction criminelle, et rédigé par le Service de la Politique criminelle du SPF Justice.


Les deux chiffres les plus récents que j'aie pu établir viennent non pas d'un rapport publié, mais d'une réponse ministérielle à une question écrite au Sénat, datée du 11 août 2022 : 8 840 mesures d'interception exécutées en 2019 pour 1 036 instructions, et 7 739 mesures en 2020 pour 843 instructions, soit un recul de 12 % en nombre de mesures et de 19 % en nombre d'instructions.


Année des faits

Mesures d’interception exécutées

Instructions concernées

2010

6 031

856

2012

6 712

870

2013

5 798

871

2014

5 707

865

2015

6 292

914

2019

8 840

1 036

2020

7 739

843


Sources : rapports annuels du Service de la Politique criminelle pour les données de 2010 à 2015 ; réponse ministérielle à une question écrite au Sénat du 11 août 2022 pour 2019 et 2020. Les séries ne sont pas strictement comparables entre elles : le mode de collecte a changé en cours de période, et les rapports l'indiquent eux-mêmes. Les années 2016 à 2018 et les années postérieures à 2020 ne sont pas disponibles publiquement.


Ce que ces chiffres ne disent pas, et c'est capital


Trois réserves, que les rapports officiels posent eux-mêmes.


D'abord, le nombre de « mesures » n'est pas le nombre de personnes écoutées. Les rapports précisent que lorsqu'un numéro d'identification d'appareil est intercepté, une interception est ouverte par opérateur. Le compteur est donc mécaniquement gonflé.


Ensuite, le mode de collecte a changé en cours de route, et deux rapports indiquent expressément que leurs chiffres ne sont pas comparables aux années antérieures.


Enfin, et c'est l'aveu le plus intéressant : depuis que les données proviennent uniquement du service technique central de la police fédérale, les rapports reconnaissent ne plus pouvoir fournir le nombre de personnes concernées ni les résultats obtenus — deux informations que l'article 90decies exige pourtant expressément. Pour mémoire, en 2010, les formulaires d'évaluation n'avaient été rentrés que pour 37 % des mesures.


Pour quelles infractions


La ventilation par infraction a cessé d'être publiée après les données de 2012. Sur les trois dernières années où elle existe, les stupéfiants dominent largement : 101 mesures sur 242 ventilées en 2012, 279 sur 565 en 2011, 226 sur 585 en 2010. Une réponse ministérielle évoque « environ 38 % des mesures » en matière de stupéfiants, et ajoute qu'aucune tendance ne se dégage au fil des années.


Mais regardez les totaux : 242 infractions ventilées pour 870 instructions en 2012. La ventilation est donc très partielle, et aucun pourcentage fiable ne peut en être tiré. Les écoutes en matière de terrorisme, pour la même période, représentaient dix dossiers.


Combien de temps, et combien est réellement écouté


Sur les données de 2015, 37 % des mesures ont duré deux semaines ou moins, 38 % entre deux semaines et un mois, et 24 % plus d'un mois. Le rapport portant sur 2010 relevait une tendance à l'allongement des durées depuis 2006.


Et un chiffre, de 2010, qui mérite d'être connu : 12 628 heures d'écoute, dont 2 056 heures seulement ont été retranscrites, soit 16 %. Sur les mesures évaluées cette année-là, 37,6 % ont été jugées cruciales, 40,1 % importantes, et 22,3 % n'ont apporté aucun élément important.


Une réponse ministérielle évoquait par ailleurs environ cinq cents mesures d'écoute actives simultanément chaque jour en Belgique.


Combien cela coûte


Les montants versés aux opérateurs pour les interceptions étaient de 12,3 millions d'euros en 2014 et de 13,1 millions en 2015. Les tarifs ont été divisés par deux au début de 2013, et un arrêté royal approuvé en juillet 2016 annonçait une économie supplémentaire de sept millions par an, en ramenant vingt-neuf prestations à sept.


Un élément de contexte plus récent, et plus dérangeant : les frais de justice sont passés de 81 millions d'euros en 2020 à 125 millions en 2023, avec un dépassement attendu de 23 millions pour 2024. Le poste des traducteurs et interprètes a progressé de 85 % sur la même période, et le SPF Justice soupçonne des abus dans les prestations de traduction effectuées dans le cadre d'écoutes téléphoniques, et veut mieux les contrôler.


Et le rapport au Parlement a cessé d'être public


Voici le constat le plus sérieux de cette section. L'article 90decies impose au ministre de la Justice un rapport annuel au Parlement sur l'application des articles 90ter à 90novies.


La dernière édition accessible publiquement porte sur les données de 2015. Aucune édition ultérieure n'a pu être localisée, et les seules données postérieures que j'ai pu établir — celles de 2019 et 2020 — proviennent d'une réponse à une question parlementaire.


Je formule ce constat avec prudence : l'absence d'un document en ligne ne prouve pas qu'il n'a pas été établi. Mais pour un citoyen, un journaliste ou un avocat, les chiffres des écoutes judiciaires en Belgique sont, en pratique, inaccessibles depuis dix ans.


Qui écoute, techniquement


Les réquisitions ne partent pas chez l'opérateur depuis le cabinet du magistrat. Depuis une loi du 5 février 2016, entrée en vigueur le 29 février 2016, elles sont adressées à un service technique central de la police fédérale, qui transmet ensuite à chaque opérateur une demande technique standardisée.


L'objectif affiché de cette réforme est intéressant pour la défense : l'opérateur ne connaît plus l'auteur de la réquisition ni les détails de l'enquête, et la standardisation doit faciliter le contrôle ultérieur. Un arrêté royal du 14 mars 2023 a désigné ce même service comme compétent pour les réquisitions d'identification et de données de trafic.


Ses moyens ont été annoncés publiquement en 2021 : trente-deux millions d'euros, dont vingt-deux de subsides européens. Il dispose d'un laboratoire qui développe micros, caméras et traceurs miniaturisés, et c'est lui qui, avec d'autres services, a traité les messages de l'affaire Sky ECC.


Et pour prendre la mesure du volume réel, voici les chiffres de la police fédérale pour la seule année 2019 : plus de 12 000 demandes de localisation de téléphone, plus de 38 000 demandes de données de trafic rétroactives, et plus de 1 600 000 demandes d'identification de l'utilisateur d'un appareil.


Un million six cent mille identifications. C'est l'ordre de grandeur qu'il faut avoir en tête : l'écoute du contenu est rare, l'exploitation des métadonnées est massive.


Le cadre légal, et ce qu'il faut vérifier


Trois choses seulement, mais elles sont vérifiables ligne par ligne au dossier.


Qui peut l'ordonner. L'article 90ter réserve la mesure au juge d'instruction, qui n'agit « dans un but secret » que « dans des cas exceptionnels », s'il existe des indices sérieux d'une infraction figurant dans une liste limitative, et si les autres moyens d'investigation ne suffisent pas à la manifestation de la vérité. Cette subsidiarité est une condition de validité, pas une recommandation.


Les cinq mentions obligatoires. L'article 90quater exige une autorisation écrite, préalable et motivée, datée, indiquant : les indices et les faits concrets propres à la cause ; les motifs pour lesquels la mesure est indispensable à la manifestation de la vérité ; la personne, le moyen de communication, le système informatique ou le lieu soumis à la mesure ; la période d'exécution, qui ne peut excéder un mois ; et les nom et qualité des officiers de police judiciaire commis. En cas d'urgence, l'autorisation peut être verbale, mais doit être confirmée dans les vingt-quatre heures.


La durée. Une prolongation est possible par termes d'un mois, avec un maximum de six mois.


Un dernier point, de doctrine, qui mérite d'être connu : un travail universitaire consacré au contrôle des écoutes relève que le contrôle concomitant de la mesure « semble laissé-pour-compte », alors qu'il est le dernier garde-fou avant l'atteinte à la vie privée, et que l'exigence de motivation a été affaiblie par la réforme de 2016, qui a supprimé la sanction de nullité en cas de défaut de motivation. C'est une critique doctrinale, pas un état du droit, mais elle désigne exactement l'endroit où la défense doit regarder.


Les logiciels espions, et la voie du renseignement


Puisqu'on ne peut pas intercepter un appel chiffré en transit, la seule voie documentée vers son contenu est la compromission du téléphone lui-même. WhatsApp a d'ailleurs obtenu en 2025, devant une juridiction fédérale américaine, une condamnation d'environ 167,7 millions de dollars contre un éditeur de tels logiciels.


En Belgique, un ministre de la Justice a déclaré en 2021 que ce type de logiciel « peut être utilisé légalement par les services de renseignement de notre pays », sans confirmer son usage effectif. Il faut ici distinguer soigneusement deux univers que la presse confond souvent.


Les interceptions judiciaires relèvent du Code d'instruction criminelle et du juge d'instruction. Les méthodes de renseignement relèvent d'une loi de 1998, sont autorisées sous le contrôle d'une commission administrative présidée par un juge d'instruction, et sont comptées séparément. Pour 2025, le Comité permanent R rapporte 3 135 méthodes particulières autorisées, dont 648 écoutes et 185 intrusions dans un système informatique, et aucune plainte.


Ces chiffres ne s'additionnent pas à ceux des écoutes judiciaires. Ce sont deux régimes distincts.


Ce qui résiste


Le contenu d'un appel chiffré de bout en bout, en transit. Rien dans les sources publiques ne contredit cela.


Rien d'autre. Pas les journaux d'appels, que l'éditeur fournit. Pas l'adresse IP, exposée à votre interlocuteur si vous n'avez pas activé l'option de masquage. Pas les traces locales sur votre appareil. Et surtout pas le serveur du service que vous utilisez, si ce service n'est pas conçu comme WhatsApp — c'est précisément la leçon de Sky ECC.


Les questions à poser au dossier


Sur la nature de la mesure. S'agit-il d'une interception du contenu au sens de l'article 90ter, d'un relevé de données de trafic au sens de l'article 88bis, ou d'une simple identification d'abonné au sens de l'article 46bis ? Les trois n'ont ni la même autorité, ni le même seuil, et sont régulièrement confondues.


Sur l'autorisation. Est-elle écrite, préalable, motivée et datée ? Contient-elle les cinq mentions de l'article 90quater ? En cas d'urgence, la confirmation est-elle intervenue dans les vingt-quatre heures ?


Sur la subsidiarité. L'autorisation expose-t-elle en quoi les autres moyens d'investigation ne suffisaient pas, ou se contente-t-elle d'une formule de style ?


Sur la durée. La période excède-t-elle un mois ? Les prolongations respectent-elles le plafond de six mois, et sont-elles chacune motivées ?


Sur l'infraction. Figure-t-elle réellement dans la liste limitative du paragraphe 2 de l'article 90ter ?


Sur la retranscription. Quelle proportion des heures écoutées a été retranscrite, et qui a choisi les passages retenus ? Rappelons qu'en 2010, 16 % seulement des heures écoutées l'ont été.


Si la preuve vient de l'étranger. Quelle autorité a intercepté, sur quel fondement, et la défense peut-elle accéder aux éléments permettant de vérifier la régularité de cette collecte ?


Conclusion


On ne vous écoute pas sur WhatsApp. On regarde qui vous appelez.


C'est une distinction qui paraît rassurante et qui ne l'est pas : les métadonnées établissent des liens, des rythmes et des présences, et elles figurent dans les réponses que l'éditeur accepte de fournir. Pendant ce temps, l'État ordonne quelques milliers de mesures d'interception par an — mais plus d'un million six cent mille identifications d'appareils pour la seule année 2019.


Et quand le chiffrement tient vraiment, l'histoire récente montre que les enquêteurs ne s'y attaquent pas : ils entrent ailleurs. Sur un serveur, comme dans l'affaire Sky ECC. Ou dans le téléphone, ce qui ramène toute la discussion à la régularité de son examen — et c'est là, bien plus que dans la cryptographie, que se gagne ou se perd une défense.


Olivier Dupont — avocat depuis 2007, pratiquant quotidiennement le droit pénal, le droit de la jeunesse, et le droit des personnes vulnérables, titulaire de l'agrément requis pour intervenir devant la Cour de cassation en matière pénale.


Cet article décrit l'état public des capacités techniques et du cadre légal au 18 octobre 2026. Les chiffres des interceptions judiciaires proviennent des dernières sources officielles accessibles, dont plusieurs sont anciennes, et les capacités techniques évoluent rapidement : une affirmation exacte aujourd'hui peut cesser de l'être dans six mois. Il ne constitue pas un avis juridique sur une situation particulière.

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