Se faire représenter par son avocat à l'audience correctionnelle : un droit, avec une exception
Beaucoup de personnes citées veulent éviter la salle d'audience : par honte, par crainte de croiser la victime, parce qu'elles vivent à l'étranger ou parce qu'une absence au travail est impossible. La loi l'autorise, et c'est une vraie liberté. Elle connaît toutefois une exception dont il faut mesurer la portée.
Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. Le prévenu, la partie civilement responsable et la partie civile comparaissent en personne ou par un avocat : la représentation est un droit. Le tribunal peut cependant, en tout état de cause et sans recours possible, ordonner la comparution en personne ; ce jugement est signifié avec citation à comparaître à la date fixée. Si la personne citée ne comparaît ni en personne ni par avocat, elle est jugée par défaut. Un mandat d'amener peut être décerné.
La règle : en personne ou par avocat
Le texte est clair : le prévenu, la partie civilement responsable et la partie civile comparaissent en personne ou par un avocat. Le choix appartient à la partie. Se faire représenter n'est ni un aveu, ni une marque de désinvolture, ni une faiblesse procédurale.
Dans de nombreux dossiers, la représentation est même la bonne décision : lorsque le débat est purement technique, lorsque la personne poursuivie est installée loin, ou lorsque sa présence n'apporterait rien d'autre qu'un stress inutile.
Quand la présence sert vraiment
Il faut le dire aussi franchement : dans beaucoup de dossiers, la présence physique aide. Un tribunal qui doit fixer une peine regarde la personne devant lui, entend ce qu'elle dit de sa situation, apprécie l'évolution depuis les faits. Une chaise vide ne dit rien.
Le choix se fait donc dossier par dossier, en tenant compte de ce qui est contesté et de ce qui se joue sur la peine. C'est l'un des arbitrages que l'on pose en préparant l'audience.

L'exception : la comparution personnelle ordonnée
Le tribunal peut, en tout état de cause, ordonner la comparution en personne. Sa décision ne peut faire l'objet d'aucun recours. Le jugement qui l'ordonne est signifié à la partie concernée à la requête du ministère public, avec citation à comparaître à la date fixée par le tribunal.
À partir de là, la représentation ne suffit plus. Et les conséquences d'une absence changent de nature. Nous les détaillons dans notre article consacré à la comparution personnelle.
Ne comparaître ni en personne ni par avocat
C'est la seule hypothèse véritablement dangereuse. Si la personne citée, ou l'avocat qui la représente, ne comparaît pas au jour et à l'heure fixés dans la citation, elle est jugée par défaut.
Le jugement est alors rendu sur le seul dossier du parquet, sans votre version, sans vos pièces personnelles et sans discussion sur la peine. Il faudra ensuite le faire signifier, puis faire opposition ou appel, avec les délais et les risques que cela comporte.
Le mandat d'amener
Un point qui surprend souvent : un mandat d'amener peut être décerné à l'égard du prévenu qui ne se présente pas alors que sa comparution personnelle avait été ordonnée. Ce n'est pas un mandat d'arrêt, mais c'est une contrainte réelle, exécutée par les services de police.
C'est la raison pour laquelle une décision ordonnant la comparution personnelle ne se néglige jamais.
Questions fréquentes
Mon avocat peut-il me représenter sans procuration écrite ?
L'avocat représente son client à l'audience sans devoir produire de mandat écrit. C'est une particularité de sa fonction.
Je vis à l'étranger, dois-je faire le déplacement ?
Pas si la représentation est admise dans votre dossier. Si la comparution personnelle est ordonnée, elle s'impose malgré la distance.
Ma présence peut-elle me nuire ?
Elle peut nuire si elle n'est pas préparée. Un interrogatoire mal anticipé fait plus de dégâts qu'une absence.
Puis-je venir à l'audience et repartir avant la fin ?
Mieux vaut rester jusqu'à la clôture des débats de votre dossier. Partir avant expose à des malentendus et peut être interprété défavorablement.
Faut-il être présent ou vous faire représenter dans votre dossier ? Nos avocats en droit pénal tranchent cette question avec vous et assument l'audience, partout en Wallonie et à Bruxelles : prenez contact.
Olivier Dupont — avocat depuis 2007, pratiquant quotidiennement le droit pénal, le droit de la jeunesse, et le droit des personnes vulnérables, titulaire de l'agrément requis pour intervenir devant la Cour de cassation en matière pénale.
Cet article s'appuie sur le Code d'instruction criminelle dans sa version consolidée en vigueur en septembre 2026 et sur le Code pénal entré en vigueur le 1er septembre 2026, ainsi que sur la jurisprudence de la Cour de cassation. Il donne une information générale ; chaque situation mérite un examen particulier.




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