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Le certificat médical pour une mise en observation : qui peut l'établir

il y a 12 heures
4 min de lecture

C'est la pièce qui décide de tout. Sans elle, la demande n'est même pas examinée. Et c'est sur elle que se jouent la plupart des dossiers, dans un sens comme dans l'autre.


Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. Sans rapport médical circonstancié, la demande est irrecevable. L'examen doit dater de quinze jours au plus. Le médecin qui introduit la demande et tout médecin parent ou allié jusqu'au quatrième degré sont écartés. Depuis 2025, le rapport peut être contesté pour défaut d'impartialité, mais le législateur n'a pas réglé la procédure.

Sans ce rapport, la demande est irrecevable


La loi est catégorique : un rapport médical circonstancié doit être joint à la requête, sous peine d'irrecevabilité. Pas de rapport, pas de procédure. Le juge n'examine rien.


Ce qu'il doit contenir


Trois choses. Il doit reposer sur un examen datant de quinze jours au plus. Il doit décrire l'état de santé de la personne ainsi que les symptômes du trouble psychiatrique. Et il doit constater que les conditions légales sont réunies.


Un rapport qui se borne à affirmer que la personne va mal ne remplit aucune de ces exigences. C'est la faiblesse la plus fréquente, et c'est un moyen de défense.


Qui ne peut pas l'établir


Deux interdictions, souvent découvertes trop tard.


Le rapport ne peut pas être établi par le médecin qui introduit lui-même la demande. Et il ne peut pas l'être par un médecin parent ou allié jusqu'au quatrième degré du demandeur ou de la personne concernée. Le médecin de famille, s'il fait partie de la famille, est écarté.


Si un médecin refuse d'établir le rapport, la loi lui impose de renvoyer le demandeur vers un autre médecin. Un refus n'est pas une fin de non-recevoir.


Contester le médecin qui l'a rédigé


C'est une nouveauté de la réforme entrée en vigueur le 1er janvier 2025, et elle est peu connue. Lorsqu'il existe des circonstances faisant naître des doutes légitimes sur l'impartialité ou l'indépendance du médecin qui a établi le rapport, la personne concernée peut demander son remplacement et l'établissement d'un nouveau rapport.


Le législateur a toutefois omis d'en régler la procédure. On ignore comment le débat doit s'organiser, quel est le statut du médecin mis en cause, ce que recouvrent exactement ces doutes et sur qui pèse la preuve. La doctrine relève que le mécanisme n'a, à sa connaissance, pas encore été invoqué en audience.


Autrement dit : l'outil existe, personne ne s'en sert, et tout reste à construire.



Le modèle officiel, et son absence de sanction


Un modèle de rapport a été défini par arrêté royal, et il s'est assez largement répandu. Le Roi peut aussi réserver la rédaction de ce rapport aux seuls médecins ayant suivi une formation spécifique.


Mais la loi ne prévoit aucune sanction lorsque le rapport joint à la requête n'est pas conforme au modèle. C'est une faiblesse majeure du dispositif, et un terrain de discussion.


Qui peut le lire


L'avocat de la personne concernée a accès au dossier, rapport médical compris. Il peut le soumettre au médecin psychiatre que la personne a choisi pour l'assister. C'est ce mécanisme qui permet de faire venir un avis contraire dans le débat.


Lorsque la personne produit l'avis écrit d'un médecin de son choix et que cet avis diverge de celui du médecin-chef de service, le juge entend les deux médecins contradictoirement, en présence de l'avocat. C'est souvent le moment décisif.


Questions fréquentes


Quel médecin peut rédiger le certificat ?


Tout médecin, sauf s'il est lui-même le demandeur, ou parent ou allié jusqu'au quatrième degré du demandeur ou de la personne concernée.


Le rapport peut-il dater de plusieurs semaines ?


Non. L'examen sur lequel il repose doit dater de quinze jours au plus.


Que faire si aucun médecin n'accepte ?


Un médecin qui refuse doit renvoyer vers un autre. En cas d'urgence, le procureur du Roi peut désigner lui-même un médecin.


Peut-on contester le contenu du rapport ?


Oui, en produisant l'avis écrit d'un médecin choisi par la personne concernée. Si les deux avis divergent, le juge entend les médecins contradictoirement.


Ce qui se joue vraiment


Un dossier de protection se gagne ou se perd sur quelques pages écrites par un médecin, souvent dans l'urgence, parfois sans connaître la personne. Les lire avec attention, en mesurer les insuffisances et y opposer un avis argumenté : c'est tout le travail.


Contactez le cabinet dès que le rapport existe.

Le certificat n'est qu'une pièce d'une procédure plus large : faire interner un proche en Belgique en décrit l'ensemble. À ne pas confondre avec le certificat médical circonstancié, qui concerne la protection des biens et non les soins.



Olivier Dupont — avocat depuis 2007, pratiquant quotidiennement le droit pénal, le droit de la jeunesse, et le droit des personnes vulnérables, titulaire de l'agrément requis pour intervenir devant la Cour de cassation en matière pénale.


Cet article s'appuie sur la loi du 26 juin 1990 relative à la protection imposée à une personne atteinte d'un trouble psychiatrique, dans sa version consolidée intégrant les modifications publiées jusqu'au 10 mars 2026, et notamment sur la réforme opérée par la loi du 16 mai 2024, entrée en vigueur le 1er janvier 2025. Il ne remplace pas une consultation.

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