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Ce que la condamnation laisse sur le casier judiciaire, et pour combien de temps

il y a 6 heures
4 min de lecture

C'est souvent la vraie question, celle qui compte plus que la peine elle-même : est-ce que cela va se voir ? La réponse n'est ni oui ni non. Le casier judiciaire enregistre beaucoup de choses, mais l'extrait que vous pouvez obtenir, et celui auquel une administration peut accéder, ne montrent pas la même chose, et pas indéfiniment.


Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. Certaines décisions n'apparaissent jamais sur l'extrait que vous obtenez : la suspension du prononcé, les condamnations à une peine de travail, à une peine de probation ou à une prestation en faveur de la communauté, ainsi que les décisions de réhabilitation. D'autres cessent d'être accessibles après trois ans : les peines d'emprisonnement de six mois, les amendes ne dépassant pas 4 000 euros, les condamnations par déclaration de culpabilité, les confiscations, et les amendes de roulage quel que soit leur montant. Les déchéances et interdictions dont les effets dépassent trois ans font exception.

Deux choses à ne pas confondre


Le casier judiciaire est un registre. L'extrait de casier judiciaire est un document délivré à partir de ce registre. Le registre garde beaucoup ; l'extrait montre peu.


Et il n'existe pas un extrait unique : ce qu'une personne peut obtenir la concernant, ce qu'une administration publique autorisée peut consulter et ce que voit l'autorité judiciaire ne coïncident pas. Quand on vous demande un extrait pour un emploi, c'est le premier qui compte.


Ce qui n'apparaît jamais sur votre extrait


La loi exclut de l'extrait délivré à la personne elle-même, notamment :


  • les décisions ordonnant la suspension du prononcé de la condamnation ;

  • les décisions constatant l'extinction de l'action publique après une transaction ou une médiation pénale ;

  • les condamnations à une peine de travail ;

  • les condamnations à une peine de probation ;

  • les condamnations à une peine de prestation en faveur de la communauté ;

  • les arrêts de réhabilitation et les condamnations qu'ils visent ;

  • certaines déchéances et mesures prononcées en matière de protection de la jeunesse.


C'est ce qui explique l'intérêt considérable de la suspension du prononcé et des peines alternatives pour qui exerce une profession où l'extrait est demandé.



Ce qui disparaît de l'extrait après trois ans


La loi prévoit ensuite que vous n'avez plus accès, après un délai de trois ans à compter de la décision judiciaire définitive, à un ensemble de condamnations :


  • les peines d'emprisonnement de six mois ;

  • les peines d'amende ne dépassant pas 4 000 euros ;

  • les condamnations par déclaration de culpabilité ;

  • les peines de confiscation, y compris la confiscation élargie ;

  • les peines de fermeture d'établissement ;

  • les peines pécuniaires fixées en fonction du profit escompté ou obtenu de l'infraction ;

  • les amendes infligées en vertu de la loi relative à la police de la circulation routière, quel que soit leur montant.


Une réserve importante : cette disparition ne joue pas si la condamnation comporte des déchéances ou des interdictions dont les effets dépassent trois ans et qui ont été prononcées dans le jugement.


Un délai de trois ans est également prévu pour les peines de surveillance électronique de six mois au plus.


Les administrations publiques


Certaines administrations publiques peuvent être autorisées à accéder au casier, mais uniquement dans un but déterminé par la loi, et avec des exclusions presque identiques. Elles n'ont notamment pas accès à la suspension du prononcé, aux peines de travail et de probation, ni aux décisions de réhabilitation.


Il existe toutefois une exception sur laquelle il est prudent d'attirer l'attention : ces exclusions ne valent pas pour l'établissement de la liste préparatoire des jurés.


Ce que le juge peut, et ne peut pas, retenir contre vous


Une règle protège le condamné : le juge ne peut pas fonder la peine sur une condamnation qui a été effacée du casier judiciaire.


En revanche, il peut tenir compte d'éléments qui figurent au dossier et qui ont été soumis à la contradiction, y compris une transaction pénale acceptée ou une perception immédiate payée pour des faits similaires, à condition de les traiter comme un simple avertissement et non comme une déclaration de culpabilité.


Autrement dit : l'absence d'inscription au casier ne signifie pas l'absence de toute conséquence future. C'est une nuance que peu de sites font.


Et si l'inscription est erronée ?


L'erreur qui figure dans le jugement lui-même se corrige par une demande de rectification devant la juridiction qui l'a rendu. L'erreur qui figure dans l'inscription se signale à l'administration qui tient le casier.


Pour l'effacement et la réhabilitation, qui obéissent à leurs propres conditions, voyez notre article sur l'effacement du casier judiciaire.


Questions fréquentes


Mon employeur peut-il consulter mon casier lui-même ?


Non. Il peut vous demander de produire un extrait. Ce que cet extrait révèle est déterminé par la loi, pas par lui.


Une condamnation par défaut apparaît-elle ?


Une condamnation définitive produit ses effets, qu'elle ait été rendue par défaut ou contradictoirement.


Le délai de trois ans court-il depuis les faits ou depuis le jugement ?


Depuis la date de la décision judiciaire définitive qui prononce la condamnation.


Et si je suis acquitté ?


Il n'y a pas de condamnation, donc pas d'inscription de condamnation. Les traces éventuelles relèvent d'autres fichiers, distincts du casier judiciaire.


Votre profession dépend de ce que montrera votre extrait ? Nos avocats en droit pénal plaident les issues qui n'y figurent pas, plutôt que d'accepter celle qui y figurera : prenez contact.


Olivier Dupont — avocat depuis 2007, pratiquant quotidiennement le droit pénal, le droit de la jeunesse, et le droit des personnes vulnérables, titulaire de l'agrément requis pour intervenir devant la Cour de cassation en matière pénale.

Cet article s'appuie sur le Code d'instruction criminelle dans sa version consolidée en vigueur en septembre 2026 et sur le Code pénal entré en vigueur le 1er septembre 2026. Il donne une information générale ; chaque situation mérite un examen particulier.

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