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Les soins en milieu familial : l'alternative à l'hospitalisation psychiatrique

il y a 9 heures
4 min de lecture

Votre proche a besoin d'être suivi, mais l'hôpital vous paraît disproportionné. Une autre mesure existe, moins connue, qui organise les soins sans enfermement : les soins en milieu familial ou en institution.


Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. Lorsque des mesures de protection s'imposent mais que l'état de la personne permet de la soigner dans une famille ou en institution, tout intéressé peut saisir le juge de paix. Celui-ci statue par jugement motivé dans les dix jours du dépôt de la requête. Il désigne une personne chargée de veiller et un médecin chargé de traiter. La mesure vaut quarante jours au plus, renouvelable par périodes d'un an.

Une troisième voie


La loi ne connaît pas seulement l'hospitalisation sous contrainte et la liberté complète.


Lorsque des mesures de protection s'avèrent nécessaires, mais que l'état de la personne et les circonstances permettent néanmoins de la soigner dans une famille ou en institution, une mesure spécifique peut être ordonnée.


C'est une option à connaître avant de demander l'hospitalisation, et une option à proposer lorsqu'une hospitalisation est demandée contre votre avis. Voyez ce que la loi permet d'imposer.


Qui peut la demander


Tout intéressé. La requête se présente au juge de paix de la résidence de la personne, à défaut de son domicile, à défaut encore du lieu où elle se trouve.


La demande est instruite selon les mêmes règles que la procédure ordinaire, ce qui suppose notamment un rapport médical circonstancié.


Comment le juge décide


Les débats ont lieu en chambre du conseil, sauf demande contraire de la personne ou de son avocat.


Après avoir entendu toutes les parties, le juge statue en audience publique, par jugement motivé et circonstancié, au plus tard dans les dix jours du dépôt de la requête.


Le greffier notifie le jugement aux parties par pli judiciaire et les informe des voies de recours. Une copie non signée est envoyée aux conseils, au procureur du Roi et, le cas échéant, au représentant légal, à l'administrateur, au médecin-psychiatre choisi et à la personne de confiance.



Ce que le juge organise


S'il fait droit à la demande, le juge confie deux missions distinctes.


Une personne déterminée, ou le responsable d'une institution, est chargée de veiller sur la personne concernée.


Un médecin est chargé de la traiter.


Dès la notification, celui qui a reçu mission de veiller prend toutes les dispositions nécessaires au placement dans la famille ou l'institution.


Cette mesure vaut pour une durée de quarante jours au plus.


Le maintien


Si l'état de la personne justifie son maintien à l'expiration des quarante jours, le médecin chargé de la traiter adresse au juge, quinze jours au moins avant l'expiration de ce délai, un rapport circonstancié attestant la nécessité du maintien.


Le juge statue toutes affaires cessantes et fixe la durée du maintien, qui ne peut dépasser un an. Au terme de ce maintien, la mesure prend fin, sauf nouvelle décision pour une période qui ne peut excéder un an.


Lorsque la personne a produit l'avis écrit d'un médecin de son choix et que cet avis diffère de celui du médecin traitant, le juge peut entendre les médecins contradictoirement, en présence de l'avocat. C'est le moment où un avis extérieur pèse le plus.


Un contrôle réel


Deux obligations encadrent la mesure, et elles sont rarement connues des familles.


Le médecin traitant reçoit ou visite la personne régulièrement, dispense ses conseils et instructions à celle-ci comme à la personne chargée de veiller sur elle, et adresse au juge au moins une fois l'an un rapport dans lequel il déclare avoir prodigué les soins requis et donne son avis sur la nécessité de maintenir la mesure.


Et le juge rend visite à la personne au moins une fois l'an.


Ce sont deux points d'appui : un rapport annuel à demander, et une visite à préparer.


Comment y mettre fin


Les mesures peuvent être revues ou levées sur production d'un certificat médical attestant que la levée est souhaitable.


La personne qui a demandé la mesure est partie à la cause : elle sera donc entendue, et elle dispose des voies de recours.


Si la mesure devient inadaptée


Si le juge estime que la mesure qu'il a ordonnée est devenue inadéquate, il peut, après avoir pris l'avis du médecin traitant, soit la modifier, soit ordonner une mesure d'observation protectrice, soit autoriser un traitement volontaire sous conditions.


Dans ces deux derniers cas, la mesure de traitement et de surveillance est suspendue, et le maintien y met fin.


Questions fréquentes


Faut-il l'accord de la personne ?


Il s'agit d'une mesure de protection ordonnée par le juge, non d'un traitement volontaire. Mais elle suppose que l'état et les circonstances permettent les soins hors institution psychiatrique.


Un proche peut-il être désigné pour veiller ?


Le juge donne mission à une personne déterminée ou au responsable d'une institution. Proposer une personne dans la requête, en expliquant ce qu'elle peut assurer, est utile.


Peut-on faire appel ?


Oui, selon les règles ordinaires de la matière, dans les quinze jours de la notification. Certains de ces jugements sont exécutoires par provision nonobstant appel.


Une alternative qui se propose


Elle n'est presque jamais demandée, parce qu'elle n'est presque jamais connue. Elle constitue pourtant la réponse la plus proportionnée dans beaucoup de situations familiales.


Contactez le cabinet avant de demander une hospitalisation, ou pour en proposer l'alternative.


Olivier Dupont — avocat depuis 2007, pratiquant quotidiennement le droit pénal, le droit de la jeunesse, et le droit des personnes vulnérables, titulaire de l'agrément requis pour intervenir devant la Cour de cassation en matière pénale.


Cet article s'appuie sur la loi du 26 juin 1990 dans sa version consolidée au 10 mars 2026, telle que réformée au 1er janvier 2025. Il décrit le droit en vigueur à la date de publication et ne remplace pas l'examen d'un dossier.

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