L'avocat de permanence et l'avocat choisi : qui défend votre proche, et comment en changer
« Il avait un avocat à la police, mais on ne sait pas qui c'est. » Cette phrase revient dans presque tous les premiers appels des familles. Pendant l'arrestation, un avocat de permanence est intervenu ; ensuite, plus personne ne sait qui s'occupe du dossier. Cet article explique comment fonctionne la permanence, comment votre proche choisit son avocat, ce que la famille peut faire, et comment se règle la question des honoraires.
Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. Pendant les 48 heures de l'arrestation, votre proche a droit à un avocat ; s'il n'en désigne pas, la permanence organisée par les barreaux en envoie un. Cet avocat de permanence assiste aux auditions, mais il n'est pas automatiquement l'avocat du dossier. Votre proche choisit librement son avocat pour la suite ; la famille peut en contacter un et lui demander d'intervenir, à charge pour votre proche de confirmer ce choix. L'avocat choisi se fait connaître du juge d'instruction, reçoit les avis d'audience et l'accès au dossier. La défense en détention préventive est payante ; l'aide juridique n'intervient que pour ceux qui en remplissent les conditions et après une décision d'octroi.
L'avocat de permanence pendant les 48 heures
Dès son arrestation, votre proche a le droit de s'entretenir confidentiellement avec un avocat avant sa première audition, puis d'être assisté pendant celle-ci. S'il a un avocat, celui-ci est contacté. S'il n'en a pas, ou si son avocat n'est pas joignable dans les deux heures, la permanence organisée par les barreaux désigne un avocat de garde, qui se déplace ou intervient par téléphone. Notre article sur les 48 premières heures décrit ce moment.
L'avocat de permanence remplit une mission précise : garantir les droits de votre proche pendant l'arrestation et l'interrogatoire par le juge d'instruction. Il connaît peu le dossier, qu'il découvre en même temps que son client, et sa mission s'arrête en principe avec le mandat d'arrêt, sauf si votre proche lui demande de poursuivre et qu'il l'accepte.
Le choix de l'avocat pour la suite
Le droit à l'avocat appartient à votre proche. C'est lui qui choisit qui le défendra devant la chambre du conseil et pour toute l'instruction. Il peut confirmer l'avocat de permanence, désigner l'avocat qu'il connaissait déjà, ou en choisir un nouveau, et il peut en changer à tout moment.
La famille joue ici un rôle décisif, parce que votre proche, en prison, n'a ni internet ni annuaire. Vous pouvez contacter un avocat pénaliste, lui exposer la situation et lui demander d'intervenir. L'avocat se rend alors à la prison, rencontre votre proche, et c'est lui qui confirme le mandat. Sans cette confirmation, l'avocat ne peut pas agir : il ne représente pas la famille, il représente le détenu. Pour les parents d'un jeune majeur, voyez mon fils est en prison : ce que les parents peuvent faire.
Une fois désigné, l'avocat se fait connaître du juge d'instruction et du greffe. Il reçoit dès lors les avis d'audience, l'accès au dossier la veille des comparutions, les notifications des ordonnances. Il peut voir votre proche à la prison tous les jours, entre 7 h et 20 h 30, et lui téléphoner.

Changer d'avocat en cours de route
C'est possible à tout moment, sans justification. Le nouvel avocat se fait connaître du juge d'instruction ; l'ancien lui transmet le dossier. Deux précautions : éviter le changement dans les jours qui précèdent une audience, sauf nécessité, car le nouvel avocat doit pouvoir lire le dossier et rencontrer son client ; et régler la question des honoraires de l'avocat précédent, qui restent dus pour le travail accompli.
Un changement fréquent d'avocat n'est pas neutre non plus aux yeux des juridictions, qui y voient parfois un signe d'instabilité. Mieux vaut choisir posément une fois que changer trois fois.
Un seul avocat pour plusieurs personnes ?
Lorsque plusieurs membres d'une famille ou plusieurs amis sont impliqués dans le même dossier, la tentation existe de prendre le même avocat. C'est souvent impossible : un avocat ne peut pas défendre des personnes dont les intérêts sont ou risquent de devenir opposés, ce qui est fréquent lorsque les versions divergent. Chaque inculpé a en général son propre avocat.
Les honoraires en détention préventive
La défense d'une personne en détention préventive est un travail intense et urgent : lecture du dossier la veille de chaque audience, visites à la prison, comparutions mensuelles, demandes de mainlevée, appels. Ce travail est rémunéré. Notre page Tarifs explique comment nous fixons nos honoraires et ce qui est convenu dès le premier contact.
L'aide juridique de deuxième ligne, parfois appelée « pro deo », existe pour les personnes dont les ressources sont insuffisantes. Elle suppose une demande au bureau d'aide juridique et une décision d'octroi ; ce n'est qu'après cette décision qu'un avocat peut intervenir dans ce cadre. La famille qui souhaite un avocat de son choix pour son proche prend en général ses honoraires en charge ; c'est une question à aborder ouvertement dès le premier appel.
Un exemple. Un jeune homme est assisté par un avocat de permanence lors de son arrestation un vendredi soir, puis placé sous mandat d'arrêt le samedi. Le dimanche, sa mère contacte un avocat pénaliste. Le lundi matin, l'avocat rencontre le jeune homme à la prison, qui confirme son choix, puis se fait connaître du juge d'instruction et consulte le dossier. La chambre du conseil se tient le jeudi. L'avocat de permanence, informé, transmet ses notes. Rien de tout cela n'aurait été possible sans l'appel de la mère.
Questions fréquentes
Comment savoir qui était l'avocat de permanence ?
Votre proche le sait, et son nom figure au procès-verbal d'audition. L'avocat que vous mandatez le retrouvera par le dossier.
L'avocat de permanence est-il moins bon ?
Non. Ce sont des avocats volontaires, souvent pénalistes. Sa mission est simplement limitée dans le temps et il ne connaît pas encore le dossier. Beaucoup de détenus le confirment ensuite comme avocat.
Puis-je choisir l'avocat à la place de mon proche ?
Non. Vous pouvez proposer, contacter, organiser ; votre proche décide et confirme. L'avocat ne peut pas agir sans son accord.
L'avocat peut-il me dire ce qu'il y a dans le dossier ?
L'avocat est tenu au secret professionnel et l'instruction est secrète. Il vous informera de ce qui est utile, avec l'accord de son client, sans vous communiquer les pièces.
Faut-il un avocat pour la chambre du conseil ?
Votre proche peut comparaître seul, mais l'audience exige la lecture d'un dossier souvent volumineux la veille et une argumentation juridique précise. En pratique, comparaître sans avocat revient à renoncer à la défense.
Un proche vient d'être arrêté ou placé sous mandat d'arrêt ? Nos avocats en droit pénal interviennent dès les premières heures, partout en Wallonie et à Bruxelles, 7j/7 : prenez contact et transmettez-nous simplement son nom.
Cet article s'appuie sur la loi du 20 juillet 1990 relative à la détention préventive et sur la loi de principes du 12 janvier 2005 concernant le statut juridique des détenus, dans leur version en vigueur en septembre 2026, ainsi que sur le Code pénal entré en vigueur le 1er septembre 2026. Il donne une information générale ; chaque situation mérite un examen particulier.




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