L'arrivée en prison : l'écrou, la fouille, la cellule et les premiers jours d'un détenu préventif
Le juge d'instruction a signifié le mandat d'arrêt. Votre proche est conduit à la prison. Pour la famille, c'est un trou noir : que lui arrive-t-il entre le moment où il quitte le palais de justice et son premier appel ? La loi de principes du 12 janvier 2005 fixe les règles de l'accueil en prison ; la pratique varie d'un établissement à l'autre. Voici ce que vous pouvez en savoir.
Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. À l'arrivée, votre proche est écroué au greffe de la prison, fouillé au corps comme la loi l'impose pour tout entrant, informé de ses droits, de ses devoirs et du règlement dans une langue qu'il comprend, et il a droit à un appel téléphonique gratuit. Il est placé en principe dans une section réservée aux inculpés, à l'écart des condamnés, et son régime ne peut avoir aucun caractère punitif. Ses objets personnels et son argent sont mis en dépôt ; il dispose d'un compte pour la cantine et le téléphone. Les premiers jours servent à obtenir des vêtements, de l'argent sur le compte, le contact avec la famille et la visite de l'avocat avant la chambre du conseil.
L'écrou
L'écrou est l'inscription officielle de votre proche au registre de la prison, tenu par le greffe, sur présentation du mandat d'arrêt. C'est à partir de ce moment qu'il est « détenu » au sens administratif : le greffe lui attribue un numéro, ouvre sa fiche, calcule les dates de la procédure et enregistre ses visiteurs. C'est aussi le greffe qui, plus tard, recevra les avis d'audience et signifiera les décisions.
Ses papiers, son téléphone, ses clés, ses bijoux et son argent liquide sont inventoriés et mis en dépôt. L'argent est versé sur son compte de détenu ; les objets lui seront rendus à la sortie. Le téléphone reste au dépôt sauf s'il a été saisi par le juge d'instruction, auquel cas il fait partie du dossier.
La fouille
La loi impose que tout détenu soit fouillé au corps à son entrée dans la prison. Cette fouille, qui peut impliquer un déshabillage, doit se dérouler dans le respect de la dignité de la personne, par des membres du personnel du même sexe. Elle vise à vérifier que votre proche n'introduit pas d'objets ou de substances interdits. Une fouille des vêtements peut être ordonnée par la suite, et l'espace de séjour est régulièrement fouillé selon les directives du chef d'établissement.
C'est souvent le moment le plus humiliant de l'arrivée. Il est légal, mais encadré : un déroulement contraire à la dignité peut faire l'objet d'une plainte auprès de la commission des plaintes. Notre article sur le droit de plainte du détenu explique la procédure.

L'information sur ses droits et l'appel gratuit
Lors de son accueil, le détenu doit être informé de ses droits et de ses devoirs, des règles en vigueur dans la prison, du rôle du personnel et des possibilités d'aide, dans une langue qu'il comprend ou d'une manière intelligible. Le règlement d'ordre intérieur de l'établissement lui est accessible.
Tout détenu qui vient d'être privé de sa liberté a droit à une communication téléphonique gratuite à l'intérieur du pays, ou vers l'étranger lorsqu'il n'existe pas de représentation diplomatique ou consulaire de son pays en Belgique. C'est en général le premier appel que reçoit la famille, dans les 24 heures qui suivent l'incarcération. Notre article sur comment savoir où se trouve un proche explique quoi faire si cet appel ne vient pas.
La cellule et le régime des inculpés
La loi prévoit que les inculpés sont placés dans des prisons ou des sections spécifiquement destinées à les accueillir, et maintenus à l'écart des condamnés, sauf s'ils acceptent par écrit de participer à des activités communes. Ils sont présumés innocents et doivent être traités de manière à ne donner aucunement l'impression que leur privation de liberté présente un caractère punitif ; ils bénéficient de toutes les facilités compatibles avec l'ordre et la sécurité pour préparer leur défense.
La réalité est souvent différente : la surpopulation conduit à des cellules partagées, parfois à plusieurs, et le régime des maisons d'arrêt est en pratique moins ouvert que celui des condamnés, avec moins d'activités et de travail. Votre proche passera une grande partie de ses journées en cellule, avec le préau et, selon l'établissement, quelques activités.
La santé
Si votre proche suit un traitement, il doit le signaler dès l'arrivée, et la famille doit le faire savoir à l'avocat, qui en informe la prison. Le service médical de l'établissement assure la continuité des soins ; les médicaments personnels ne sont pas conservés en cellule mais distribués par le service. Notre article sur les soins médicaux en prison détaille le fonctionnement. Une personne en détresse, ou qui présente un risque pour elle-même, doit être signalée sans attendre.
Les premiers jours, côté famille
Trois choses concrètes avancent en parallèle de l'accueil :
L'argent sur son compte, par virement, pour qu'il puisse téléphoner et cantiner.
Les vêtements et le linge, déposés selon les règles de la prison.
L'avocat, qui doit le voir avant la chambre du conseil, dans les cinq jours du mandat d'arrêt. Notre article sur la première semaine donne l'ordre des priorités.
Les visites de la famille proche sont possibles dès l'écrou, sauf interdiction de communiquer du juge d'instruction ; les modalités pratiques dépendent de l'établissement.
Un exemple. Un homme est écroué à la prison de Lantin un mercredi soir. Au greffe, ses effets sont mis en dépôt et les 40 euros qu'il avait sur lui sont versés sur son compte. Après la fouille, il reçoit un kit d'hygiène et un exemplaire du règlement, puis passe son appel gratuit à sa compagne. Le jeudi, celle-ci fait un virement et dépose un sac de vêtements ; l'avocat, qu'elle a contacté la veille, voit son client au parloir des avocats le vendredi. Le lundi, la chambre du conseil se tient au palais de justice.
Questions fréquentes
Peut-il garder ses vêtements ?
En principe oui, les détenus portent leurs vêtements personnels, dans les limites fixées par le règlement de l'établissement. Le linge est renouvelé par la famille selon les règles de dépôt de la prison.
Sera-t-il seul en cellule ?
Pas nécessairement. La loi prévoit le placement en cellule individuelle comme principe, mais la surpopulation des maisons d'arrêt conduit fréquemment au partage de cellule.
Peut-il fumer, avoir une télévision, une radio ?
Cela dépend du règlement de l'établissement et de la cantine. La location d'une télévision est courante ; elle est à ses frais, d'où l'importance de l'argent sur le compte.
Qui peut le voir les premiers jours ?
Son avocat, tous les jours entre 7 h et 20 h 30, et la famille proche selon les horaires de visite, sauf interdiction de communiquer du juge d'instruction, limitée à trois jours.
Que se passe-t-il s'il est placé sous bracelet plutôt qu'en prison ?
Il passe quand même par la prison, le temps strictement nécessaire à la pose du matériel, puis rejoint l'adresse fixée. Voyez le bracelet électronique en détention préventive.
Un proche vient d'être arrêté ou placé sous mandat d'arrêt ? Nos avocats en droit pénal interviennent dès les premières heures, partout en Wallonie et à Bruxelles, 7j/7 : prenez contact et transmettez-nous simplement son nom.
Cet article s'appuie sur la loi du 20 juillet 1990 relative à la détention préventive et sur la loi de principes du 12 janvier 2005 concernant le statut juridique des détenus, dans leur version en vigueur en septembre 2026, ainsi que sur le Code pénal entré en vigueur le 1er septembre 2026. Il donne une information générale ; chaque situation mérite un examen particulier.




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