Mon mari, mon compagnon, mon fils est en prison : que faire la première semaine ?
Il a été placé sous mandat d'arrêt et conduit en prison. Vous êtes sous le choc, vous ne savez pas par où commencer, et personne ne vous explique rien. Cet article est une liste de ce qui compte vraiment pendant la première semaine, dans l'ordre, avec ce qu'il faut faire et ce qu'il vaut mieux éviter.
Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. Première urgence : un avocat, parce que l'audience de la chambre du conseil a lieu dans les cinq jours et qu'elle décide du maintien en détention. Ensuite, dans l'ordre : rassembler les documents qui répondent aux craintes du juge (logement, emploi, hébergement), verser de l'argent sur son compte de détenu, lui faire parvenir des vêtements, lui écrire, organiser la première visite. Signalez ses besoins médicaux. Et ne contactez ni la victime, ni les témoins, ni les autres personnes impliquées : cela peut se retourner contre lui.
Jour 1 : l'avocat
Le mandat d'arrêt vaut cinq jours. Dans ce délai, votre proche comparaît devant la chambre du conseil, qui décide s'il reste en détention ou non. C'est l'audience la plus importante de toute la procédure, et elle se prépare en quelques jours.
Votre proche a peut-être été assisté par un avocat de permanence pendant son arrestation. Cet avocat n'est pas nécessairement celui qui plaidera devant la chambre du conseil. Vous pouvez choisir un avocat pénaliste et lui demander d'intervenir ; il se fera connaître auprès du juge d'instruction et rencontrera votre proche à la prison. C'est votre proche qui confirmera ce choix, puisque le droit à l'avocat lui appartient. Voyez l'avocat de permanence et l'avocat choisi.
Ce dont l'avocat a besoin de vous, tout de suite : le nom complet et la date de naissance de votre proche, la prison où il se trouve si vous la connaissez, et tout ce que vous savez des faits et des circonstances de l'arrestation.
Jours 1 à 4 : les documents pour la chambre du conseil
Le juge d'instruction a motivé le mandat d'arrêt par des craintes précises : fuite, récidive, pression sur des témoins, disparition de preuves. La chambre du conseil examinera si ces craintes subsistent et si des garanties existent. Ces garanties, c'est souvent la famille qui les apporte :
une preuve de domicile stable (bail, composition de ménage) ;
un contrat de travail, une attestation de l'employeur, une promesse d'embauche ou une inscription en formation ;
une attestation d'hébergement chez un tiers si le retour au domicile pose problème, par exemple en cas de faits dans le couple ;
la preuve d'un suivi médical ou thérapeutique déjà engagé, ou un rendez-vous pris ;
tout élément qui montre des attaches en Belgique : enfants, famille, scolarité.
Transmettez ces documents à l'avocat, pas au juge. Le juge de la chambre du conseil ne reçoit pas les familles et ne tient pas compte des courriers qui lui sont adressés directement. Pourquoi : voyez le juge d'instruction : la famille peut-elle lui écrire ?.

Jour 2 : l'argent et les vêtements
En prison, presque tout s'achète : le téléphone, la cantine, certains produits d'hygiène. Votre proche dispose d'un compte individuel sur lequel vous pouvez verser de l'argent par virement, avec son nom et sa date de naissance en communication. Chaque prison publie son numéro de compte et ses règles. Notre article sur ce que l'on peut apporter à un détenu détaille la marche à suivre. Sur l'accueil lui-même (écrou, fouille, cellule), voyez l'arrivée en prison.
Les vêtements et le linge se déposent selon les règles de l'établissement, en général à l'accueil, à des jours et heures fixés, dans un sac avec la liste du contenu. Certains articles sont interdits ; renseignez-vous avant de vous déplacer.
Jour 2 : le courrier
Vous pouvez lui écrire dès le premier jour, sans autorisation, à l'adresse de la prison, en mentionnant son nom complet et sa date de naissance. Le courrier est ouvert pour vérifier qu'il ne contient pas d'objet, mais il n'est en principe pas lu. Une lettre est souvent le premier réconfort qu'il reçoit. Sur ce qui est contrôlé et ce qu'il vaut mieux ne pas dire, voyez parloir, téléphone, courrier : les contrôles.
Il peut aussi vous téléphoner, à ses frais, une fois qu'il a de l'argent sur son compte. Vous ne pouvez pas l'appeler vous-même.
Jours 3 à 7 : la première visite
Si vous êtes son conjoint, sa cohabitante ou son cohabitant, un parent, un enfant, un frère ou une sœur, vous avez un droit de visite sur simple justification de votre identité. Les autres proches doivent obtenir une autorisation du directeur de la prison. Notre article sur le permis de visite d'un prévenu explique les deux régimes, et celui sur la visite en prison les aspects pratiques.
Deux exceptions possibles les premiers jours : le juge d'instruction peut avoir interdit toute communication pendant trois jours au maximum, ou restreint les contacts avec certaines personnes nommément désignées. Dans ce cas, seul l'avocat peut le voir ; il pourra demander la levée de la restriction.
Dès le premier jour : la santé
Si votre proche suit un traitement, souffre d'une maladie ou d'une dépendance, signalez-le immédiatement à l'avocat, qui en informera la prison et le juge d'instruction. Le service médical de la prison assure la continuité des soins, mais il faut qu'il sache. Notre article sur les soins médicaux en prison explique comment cela fonctionne.
Ce qu'il ne faut pas faire
Contacter la victime, les témoins ou les autres personnes impliquées, même pour « arranger les choses ». Ce contact peut être interprété comme une pression et devenir un motif de maintien en détention, voire une nouvelle infraction.
Faire disparaître, nettoyer ou déplacer des objets, des documents ou des données liés aux faits.
Publier quoi que ce soit sur les réseaux sociaux à propos de l'affaire.
Promettre à votre proche une date de sortie. Personne ne peut la prédire ; les échéances, elles, sont connues : cinq jours, puis un mois, puis deux mois.
Un exemple. Une femme apprend le mardi soir que son compagnon a été écroué à Jamioulx. Le mercredi, elle mandate un avocat et lui transmet le bail, une attestation de l'employeur et le carnet de rendez-vous médicaux de son compagnon. Le jeudi, elle verse de l'argent sur son compte et dépose un sac de vêtements. Le vendredi, l'avocat consulte le dossier et voit son client. Le lundi, la chambre du conseil maintient la détention pour un mois, mais le dossier de garanties est prêt pour le contrôle suivant, où la libération sous conditions est obtenue.
Questions fréquentes
Dois-je prévenir son employeur ?
C'est une décision qui a des conséquences sur son contrat de travail ; parlez-en d'abord avec l'avocat, qui pourra vous conseiller sur ce qu'il est utile de dire et à quel moment.
Puis-je venir à l'audience de la chambre du conseil ?
Non. L'audience se tient à huis clos. Vous pouvez attendre à l'extérieur de la salle, mais vous ne verrez généralement pas votre proche ce jour-là. L'avocat vous informera de la décision.
Il n'a pas encore appelé, est-ce normal ?
Souvent, oui. Il a droit à un appel gratuit à son arrivée, mais il n'a peut-être pas votre numéro en tête, ou le juge a interdit temporairement les communications. Une lettre de votre part, avec vos coordonnées, résout le premier problème.
Puis-je lui apporter son téléphone, un ordinateur ou de l'argent liquide ?
Non. Ces objets sont interdits en détention. L'argent passe uniquement par virement sur son compte de détenu.
Et s'il est placé sous bracelet électronique plutôt qu'en prison ?
Il est alors chez vous, ou à l'adresse fixée par le juge, avec des horaires et des interdictions à respecter strictement. Voyez notre article sur le bracelet électronique. Le non-respect des règles peut entraîner un retour en prison. Les règles propres à la détention préventive sous bracelet sont dans le bracelet électronique en détention préventive.
Un proche vient d'être arrêté ou placé sous mandat d'arrêt ? Nos avocats en droit pénal interviennent dès les premières heures, partout en Wallonie et à Bruxelles, 7j/7 : prenez contact et transmettez-nous simplement son nom.
Cet article s'appuie sur la loi du 20 juillet 1990 relative à la détention préventive et sur la loi de principes du 12 janvier 2005 concernant le statut juridique des détenus, dans leur version en vigueur en septembre 2026, ainsi que sur le Code pénal entré en vigueur le 1er septembre 2026. Il donne une information générale ; chaque situation mérite un examen particulier.




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