L'audition figure-t-elle au casier judiciaire ? Ce qui reste, ce qui disparaît
La crainte revient dans presque toutes les préparations : « est-ce que ça va se voir ? ». Pour un emploi, une naturalisation, un visa, une licence. La réponse est nette pour l'audition elle-même, et plus nuancée pour ce qui peut suivre. Voici ce que le casier contient, ce qu'il montre, et ce qu'il ignore.
Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. Ni l'audition, ni la convocation, ni l'enquête, ni le classement sans suite, ni une transaction payée avant la saisine d'un juge ne figurent au casier judiciaire. Le casier enregistre des décisions : condamnations, suspension du prononcé, internement, certaines mesures, et l'extinction de l'action publique après une transaction homologuée par un juge ou une médiation exécutée. L'extrait délivré au citoyen montre moins que le casier complet, et certaines mentions en disparaissent après trois ans. Un employeur ne voit que l'extrait que vous lui remettez.
Ce que le casier enregistre
Le Code d'instruction criminelle dresse la liste : les condamnations à une peine, les suspensions du prononcé, les révocations de sursis, les internements, certaines mesures de sûreté, les mesures prises à l'égard des mineurs par le tribunal de la jeunesse, les décisions du tribunal de l'application des peines, les réhabilitations, les grâces, les libérations conditionnelles, certaines décisions étrangères, et l'extinction de l'action publique consécutive à une transaction homologuée par un juge déjà saisi ou à une médiation et des mesures entièrement exécutées. Rien d'autre.
Ce qui n'y figure jamais
La convocation. L'audition, quelle qu'en soit l'issue. L'existence d'une enquête ou d'une instruction. Le classement sans suite. Une transaction payée à la proposition du parquet, avant qu'un juge ne soit saisi. Un acquittement. La police et le parquet tiennent leurs propres fichiers et registres, qui ne sont pas le casier judiciaire et ne sont pas accessibles à un employeur ; ils obéissent à des règles distinctes de conservation et d'accès.

Ce que montre l'extrait
L'extrait de casier judiciaire, délivré par la commune, est ce que vous remettez à un employeur ou à une administration. Il en existe plusieurs modèles selon l'usage. Il montre moins que le casier complet : certaines décisions n'y apparaissent pas, et d'autres en disparaissent après trois ans, notamment les condamnations à un emprisonnement de six mois au plus, les amendes jusqu'à un certain montant, les déclarations de culpabilité, les confiscations, sauf lorsqu'elles s'accompagnent de déchéances ou d'interdictions de longue durée. Le casier complet, lui, reste accessible aux autorités judiciaires.
Ce qui compte pour l'issue de votre dossier
Si le dossier se termine par un classement ou une transaction payée avant saisine d'un juge, votre extrait reste vierge de cette affaire. Si le parquet propose une médiation et des mesures, l'extinction sera inscrite au casier mais n'est pas une condamnation ; demandez à l'avocat ce que cela implique pour votre situation. Si le dossier va devant le tribunal, la peine prononcée décidera : une déclaration de culpabilité ou une amende modérée disparaissent de l'extrait après trois ans ; une peine plus lourde y reste jusqu'à réhabilitation. C'est l'une des raisons pour lesquelles le choix entre accepter une transaction et aller au procès se pèse avec le casier en tête ; voyez classement, transaction, médiation, citation.
L'effacement et la réhabilitation
Certaines mentions s'effacent d'office après un délai ; d'autres nécessitent une procédure de réhabilitation, avec des conditions et des délais. Le sujet est traité dans effacer son casier judiciaire après une condamnation.
Ce qu'un employeur peut savoir
Ce que vous lui remettez, c'est-à-dire l'extrait, et rien d'autre. Il n'a pas accès au casier complet, ni aux fichiers de police, ni à l'existence d'une enquête. Certaines fonctions font l'objet de vérifications particulières, dans un cadre légal propre. Une question posée à l'embauche sur d'éventuels démêlés judiciaires appelle une réponse prudente : vous n'êtes pas tenu de mentionner une audition ou une enquête en cours, et dire plus que ce que montre l'extrait est rarement utile.
Un exemple. Un homme entendu pour des coups, à la suite d'une altercation, doit fournir un extrait de casier pour un nouvel emploi trois semaines après l'audition. L'extrait est vierge : l'audition n'y figure pas, et aucune décision n'a été prise. Le dossier sera classé six mois plus tard, sans jamais apparaître.
Questions fréquentes
Une audition figure-t-elle dans les fichiers de police ?
Les services de police tiennent des banques de données selon des règles propres, avec des délais de conservation et un droit d'accès indirect. Ce n'est pas le casier judiciaire et ce n'est pas accessible à un employeur.
Une transaction payée peut-elle m'être opposée plus tard ?
Elle ne figure pas au casier si elle a été payée avant la saisine d'un juge. Elle reste connue du parquet, qui peut en tenir compte en cas de nouveaux faits.
La suspension du prononcé apparaît-elle sur l'extrait ?
Elle est enregistrée au casier ; sa mention sur l'extrait dépend du modèle d'extrait et des règles applicables. Demandez à l'avocat avant d'accepter cette issue.
Vous avez reçu une convocation, ou un courrier du parquet après une audition ? Nos avocats en audition par la police vous assistent à chaque étape, partout en Wallonie et à Bruxelles, 7j/7 : prenez contact.
Pour aller plus loin
Cet article s'appuie sur les articles 21bis, 47bis, 216bis, 216ter, 590 et 595 du Code d'instruction criminelle et sur le titre préliminaire du Code de procédure pénale dans leur version en vigueur, ainsi que sur le Code pénal entré en vigueur le 1er septembre 2026. Il donne une information générale ; chaque situation mérite un examen particulier.




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