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Faut-il prendre un avocat pour une audition de police quand on n'a rien à se reprocher ?

il y a 8 heures
4 min de lecture

« Je n'ai rien fait, je vais juste aller expliquer. » C'est la phrase la plus fréquente au téléphone, et c'est souvent la plus coûteuse. Non parce que ceux qui la prononcent mentent, mais parce qu'une audition de police n'est pas une conversation où l'on explique : c'est un acte de procédure où chaque mot est écrit, et où celui qui n'a rien à se reprocher est précisément celui qui parle le plus.


Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. La loi vous présume avoir consulté un avocat quand la convocation mentionne vos droits ; si vous venez seul, vous êtes entendu seul. L'avocat ne sert pas à « cacher » quelque chose : il sert à savoir de quoi il s'agit, à décider ce que vous dites, à vérifier que ce qui est écrit est ce que vous avez dit. Pour un adulte, cette assistance a un coût, connu à l'avance.

Ce que la loi présume, et ce qu'elle ne fait pas pour vous


Quand un adulte reçoit une convocation écrite qui mentionne ses droits, l'article 47bis du Code d'instruction criminelle le présume s'être concerté avec un avocat et avoir pris les mesures nécessaires pour être assisté. La loi ne désigne donc personne, n'appelle personne, et ne reporte rien pour vous : si vous arrivez seul, l'audition commence, après un simple rappel de votre droit de vous taire. Le choix d'un avocat n'est pas une formalité que la police accomplira à votre place ; c'est le vôtre, et il se fait avant la date.



Pourquoi « expliquer » est dangereux quand on est innocent


Celui qui n'a rien fait veut convaincre. Il raconte, précise, revient en arrière, ajoute un détail pour être complet. Il répond à des questions dont il ne mesure pas la portée, parce qu'il ne sait pas ce que contient le dossier : qui a dit quoi, quels messages ont été lus, quelle version la plainte a donnée. Chaque phrase est notée. Une imprécision sur une heure, une contradiction avec un témoignage qu'il ignore, un mot mal choisi pour décrire un geste : rien de tout cela ne prouve une culpabilité, mais tout cela fragilise une défense. Et quand le procès-verbal arrive au parquet, c'est lui qui parle, pas vous.


Ce que l'avocat fait avant l'audition


Il lit la convocation et en tire ce qu'elle dit et ce qu'elle tait. Il prend contact avec le service pour annoncer sa présence et, si la date ne convient pas, en obtenir une autre. Il vous écoute, longuement, et vous pose les questions que l'enquêteur posera. Il décide avec vous d'une ligne : faire une déclaration, répondre aux questions, en écarter certaines, ou vous taire. Il vous dit ce qu'il faut apporter et ce qu'il faut laisser chez vous. Cette préparation est une consultation, que nous organisons au cabinet, par téléphone ou en visioconférence ; ses conditions figurent sur notre page Tarifs.


Ce que l'avocat fait pendant l'audition


La loi définit son rôle avec précision. Il contrôle le respect de votre droit de ne pas vous accuser et de votre liberté de répondre ou non ; il veille au traitement qui vous est réservé, en particulier à l'absence de pression ; il vérifie que vos droits ont été notifiés et que l'audition est régulière. Il peut faire mentionner au procès-verbal les violations qu'il constate, demander un acte d'enquête ou l'audition d'une personne, demander des clarifications sur les questions posées, formuler des observations. Il ne répond pas à votre place et n'entrave pas l'audition : ce n'est pas un bouclier, c'est un contrôle. Avant les questions, vous avez droit à une concertation confidentielle avec lui, et vous pouvez en demander une nouvelle en cours d'audition.


Ce que l'avocat fait après


Il relit le procès-verbal avec vous, ligne par ligne, avant la signature ; il fait rectifier ce qui ne correspond pas à vos mots ; il demande la copie de l'audition. Puis il reste votre avocat pour la suite : c'est lui qui recevra les nouvelles du parquet, saura les lire, et vous dira s'il faut agir. Voyez que se passe-t-il après une audition de police ?


Et le coût ?


Pour un adulte, l'assistance d'un avocat est une prestation payante, dont le principe et les modalités sont indiqués sur notre page Tarifs. Elle couvre la préparation, la présence à l'audition et sa relecture. L'aide juridique existe pour les personnes dont les revenus ne dépassent pas certains plafonds ; notre cabinet n'intervient pas dans ce cadre pour les adultes, et vous orientera vers le bureau d'aide juridique si c'est votre situation. Mettez ce coût en regard de ce qu'il protège : une audition mal préparée se corrige rarement, et une citation devant le tribunal coûte bien davantage, en argent et en temps.


Questions fréquentes


Venir avec un avocat ne donne-t-il pas l'impression que j'ai quelque chose à cacher ?


Non. Les enquêteurs voient des avocats tous les jours ; c'est la loi qui prévoit leur présence, et une audition avec avocat se passe généralement mieux pour tout le monde, parce qu'elle est cadrée.


Puis-je venir avec un proche à la place ?


Un proche n'a aucun statut pendant l'audition et n'y sera généralement pas admis. Seul l'avocat a un rôle défini par la loi.


Et si je décide seulement le matin même de vouloir un avocat ?


Quand la convocation mentionnait vos droits, la police n'est pas tenue de reporter. Elle peut accepter d'attendre un avocat joignable rapidement ; c'est une faveur, pas un droit. Voyez peut-on faire reporter une audition de police ?


Vous avez reçu une convocation ? Nos avocats en audition par la police la lisent avec vous, préparent l'audition et vous assistent le jour même, partout en Wallonie et à Bruxelles, 7j/7 : prenez contact.


Pour aller plus loin



Cet article s'appuie sur l'article 47bis du Code d'instruction criminelle dans sa version en vigueur et sur le Code pénal entré en vigueur le 1er septembre 2026. Il donne une information générale ; chaque situation mérite un examen particulier.

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