Ce qu'il ne faut pas faire entre la convocation et l'audition (messages, réseaux sociaux, témoins)
Les jours qui séparent la convocation de l'audition sont ceux où l'on fait le plus d'erreurs, parce qu'on agit seul, vite, et souvent la nuit. Aucune n'est irréparable ; toutes sont évitables. Voici la liste, par ordre de fréquence.
Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. N'effacez rien. Ne publiez rien. Ne contactez ni la victime, ni les témoins, ni les autres personnes impliquées. Ne discutez pas des faits avec l'enquêteur au téléphone. N'en parlez pas à votre entourage au-delà du nécessaire. Ne cherchez pas le dossier par des voies détournées. Ne rédigez pas votre version. Faites une chose : transmettez la convocation à un avocat et préparez avec lui.
Effacer des messages, des photos, des comptes
C'est l'erreur la plus fréquente et la plus dommageable. Effacer un message ne le fait pas disparaître : l'autre partie le détient, l'opérateur en garde des traces, et une analyse de téléphone en retrouve souvent le contenu. Ce qui apparaît, en revanche, c'est la suppression elle-même, datée d'après la convocation, qui se lit comme une dissimulation. Un message gênant s'explique ; un message effacé se soupçonne. Ne touchez à rien ; montrez tout à votre avocat, qui décidera de ce qui sera produit. Voyez quels documents apporter.
Publier sur les réseaux sociaux
Un statut, une story, un message dans un groupe : « convoqué par les flics pour rien, on va rire ». Les enquêteurs consultent les profils publics, et les captures d'écran circulent. Tout ce que vous publiez sur les faits, sur la victime, sur la police ou sur votre état d'esprit peut être versé au dossier. Ne publiez rien, ne commentez rien, ne réagissez à rien qui touche à l'affaire, et ne modifiez pas les paramètres de confidentialité de manière brutale après coup : ce changement se remarque aussi.
Contacter les personnes impliquées
Victime, témoins, co-convoqués : chaque contact crée un fait nouveau, souvent écrit, et peut être qualifié de pression. Voyez faut-il aller voir la victime avant l'audition ?
Discuter des faits avec l'enquêteur
Il vous appelle pour confirmer la date, ou vous l'appelez pour demander de quoi il s'agit. La conversation glisse : « c'est au sujet de la soirée du 12 », « ah oui, mais je n'ai fait que… ». Ce que vous dites au téléphone peut être consigné. Limitez-vous à la logistique, et laissez l'avocat prendre le contact ; voyez convocation reçue sans savoir pour quels faits.
En parler autour de soi
Un collègue, un cousin, un ami de comptoir : chacun peut devenir un témoin de ce que vous avez dit, et certains le deviendront. Le secret de l'enquête ne protège que ce que vous ne dites pas. Parlez-en à votre avocat, qui est tenu au secret, et à la personne qui doit être au courant pour des raisons pratiques, sans détails sur les faits.
Chercher le dossier par des voies détournées
Demander à un ami policier, à un employé communal, à un proche qui « connaît quelqu'un » de regarder ce qu'il y a dans le dossier est illégal pour eux et nuisible pour vous. La seule voie est la demande d'accès au parquet, par l'avocat, au moment utile ; voyez convocation pour une plainte déposée contre moi.
Rédiger sa version
Un texte préparé chez soi fige une version incomplète, peut être saisi et sonne récité. Voyez faut-il préparer un récit écrit ?

Changer de comportement de manière visible
Déménager précipitamment, vider un compte, transférer un véhicule, quitter son emploi : des décisions parfois légitimes, mais qui, prises entre la convocation et l'audition, se lisent comme une fuite ou une organisation d'insolvabilité. Si une décision de ce type est nécessaire, prenez-la avec l'avocat et gardez-en les justificatifs.
Ce qu'il faut faire
Une seule chose, dès le premier jour : transmettre la convocation à un avocat. Puis, avec lui : lire la lettre, voyez décoder chaque mention de la lettre ; fixer, si nécessaire, une autre date, voyez peut-on faire reporter une audition ? ; reconstituer les faits et rassembler les pièces ; décider de la ligne ; voyez préparer son audition avec un avocat. Le reste du temps, vivez normalement.
Questions fréquentes
J'ai déjà effacé des messages avant de lire ceci : que faire ?
Dites-le à votre avocat, précisément : quoi, quand, pourquoi. Une suppression expliquée à l'avance se défend mieux qu'une suppression découverte.
Puis-je prévenir mon employeur que je serai absent pour l'audition ?
Oui, sans dire pourquoi. Un rendez-vous suffit comme motif ; vous n'avez pas à préciser sa nature.
Puis-je continuer à voir des amis qui étaient présents lors des faits ?
Oui, en ne parlant pas des faits ni de l'audition. Si l'un d'eux est convoqué comme témoin, n'abordez pas le sujet avec lui.
Vous avez reçu une convocation ? Nos avocats en audition par la police la lisent avec vous, préparent l'audition et vous assistent le jour même, partout en Wallonie et à Bruxelles, 7j/7 : prenez contact.
Pour aller plus loin
Cet article s'appuie sur l'article 47bis du Code d'instruction criminelle dans sa version en vigueur et sur le Code pénal entré en vigueur le 1er septembre 2026. Il donne une information générale ; chaque situation mérite un examen particulier.




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