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Préparer son audition de police avec un avocat : ce qui se passe au rendez-vous

il y a 9 heures
4 min de lecture

On imagine parfois la préparation d'une audition comme une répétition de théâtre, où l'avocat souffle le texte. C'est l'inverse. Le rendez-vous sert à comprendre ce qui vous arrive, à décider ce que vous ferez de votre parole, et à éviter les erreurs que commettent presque tous ceux qui se présentent seuls. Voici comment il se déroule.


Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. La préparation dure généralement une heure, au cabinet, par téléphone ou en visioconférence. L'avocat lit la convocation, vous fait raconter les faits sans vous interrompre, puis vous pose les questions que l'enquêteur posera. Ensemble, vous décidez de la ligne : déclaration, réponses, silence, ou combinaison. Vous repartez en sachant quoi apporter, quoi dire, quoi ne pas dire, et ce qui se passera le jour même.

Avant le rendez-vous : ce qu'il faut envoyer


La convocation, en photo ou en copie, dès sa réception : elle indique le service, la date, les faits en une ligne, et parfois plus que vous ne le pensez. Voyez décoder chaque mention de la lettre. Si vous avez reçu d'autres courriers, une plainte, des messages en rapport avec les faits, gardez-les et signalez-les ; on décidera ensemble s'ils sont utiles.



Première partie : votre récit, sans interruption


L'avocat vous demande de raconter les faits comme vous les avez vécus, du début à la fin, sans le guider et sans qu'il vous coupe. Cette étape a deux fonctions. Elle lui donne votre version brute, avec ses forces et ses zones floues. Et elle vous fait entendre, souvent pour la première fois, ce que vous êtes sur le point de dire à la police : on découvre à ce moment-là les incohérences de mémoire, les dates incertaines, les détails qu'on croyait secondaires.


Deuxième partie : les questions de l'enquêteur


L'avocat prend ensuite la place de l'enquêteur. Il pose les questions qui viendront : où étiez-vous, avec qui, à quelle heure, qu'avez-vous dit, qu'avez-vous fait ensuite, pourquoi ce message, pourquoi ce geste. Il pose aussi celles qui piègent : « donc vous reconnaissez que… », « vous étiez énervé, c'est ça ? ». Vous apprenez à répondre à la question posée, et seulement à elle ; à dire « je ne sais pas » quand vous ne savez pas ; à ne pas remplir les silences.


Troisième partie : la ligne


C'est la décision du rendez-vous. Trois options, qui se combinent : faire une déclaration, courte et préparée, qui fixe votre version sans attendre les questions ; répondre aux questions, toutes ou certaines ; vous taire, en tout ou en partie. Le choix dépend de ce que la convocation laisse deviner, de la solidité de votre version, des pièces que vous détenez, et de ce que vous ignorez du dossier. Il se réajustera le jour même, après la concertation confidentielle qui suit l'information succincte des faits par l'enquêteur. Les critères sont détaillés dans le droit de se taire : quand l'utiliser.


Quatrième partie : la logistique


Ce qu'il faut apporter et ce qu'il faut laisser chez soi ; voyez quels documents apporter. Où et quand se retrouver le jour de l'audition. Ce que vous ne devez pas faire entre-temps : contacter la victime ou les témoins, effacer des messages, en parler sur les réseaux, répondre à l'enquêteur au téléphone sur le fond. Et, si la date ne convient pas, la demande de report, que l'avocat formule lui-même ; voyez peut-on faire reporter une audition de police ?


Ce que l'avocat ne fait pas


Il ne vous fait pas apprendre un texte. Un récit récité se repère, et il s'effondre à la première question imprévue. Il ne vous conseille pas de mentir ; ce serait inutile et dangereux, puisque l'enquêteur détient des éléments que vous ignorez. Il ne vous promet pas un résultat : il vous met en position de ne pas aggraver votre situation, ce qui est déjà beaucoup, et souvent décisif.


Un exemple. Un homme est convoqué pour des menaces, à la suite d'une dispute avec un voisin. Lors de la préparation, son récit révèle qu'il a envoyé un message le soir même, qu'il avait oublié. La ligne choisie : une déclaration reconnaissant la dispute et le message, en le replaçant dans son contexte, et le silence sur les propos rapportés par le voisin, que personne d'autre n'a entendus. Le jour de l'audition, l'enquêteur montre le message ; le suspect ne tombe pas des nues.


Questions fréquentes


Combien de temps avant l'audition faut-il préparer ?


Le plus tôt possible après la convocation, et au plus tard la veille. Une préparation le matin même est possible mais moins utile : il n'y a plus le temps de rassembler des pièces ni de demander un report.


Puis-je venir accompagné au rendez-vous ?


Oui, si vous le souhaitez, mais une partie du rendez-vous se fera de préférence seul à seul : votre récit doit être le vôtre.


Que se passe-t-il si, en vous écoutant, l'avocat comprend que les faits sont plus graves que prévu ?


Il vous le dit. La ligne s'adapte, et il peut être décidé de vous taire davantage, ou de demander un report pour approfondir. Mieux vaut l'apprendre au cabinet qu'au commissariat.


Vous avez reçu une convocation ? Nos avocats en audition par la police la lisent avec vous, préparent l'audition et vous assistent le jour même, partout en Wallonie et à Bruxelles, 7j/7 : prenez contact.


Pour aller plus loin



Cet article s'appuie sur les articles 28quinquies et 47bis du Code d'instruction criminelle dans leur version en vigueur et sur le Code pénal entré en vigueur le 1er septembre 2026. Il donne une information générale ; chaque situation mérite un examen particulier.

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