Comment se déroule une audition de police, minute par minute
Ce qui angoisse, dans une convocation, c'est l'inconnu : où faut-il aller, qui sera là, combien de temps cela dure, que se passe-t-il exactement. Voici le déroulement d'une audition de suspect libre, tel que la loi l'organise et tel qu'il se passe dans les commissariats, avec les moments qui comptent.
Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. Une audition catégorie 3 dure généralement entre une et deux heures. Elle commence par votre identité et la notification de vos droits, se poursuit par une concertation confidentielle avec votre avocat si vous en avez un, puis par les questions, et se termine par la lecture du procès-verbal, sa correction éventuelle et sa signature. Vous repartez ensuite. Deux moments décident de tout : la concertation avant les questions, et la relecture avant la signature.
Avant d'entrer : l'arrivée
Présentez-vous à l'heure, avec la convocation et votre carte d'identité. À l'accueil, vous indiquez que vous êtes convoqué et par quel service ; l'enquêteur vient vous chercher ou vous fait attendre quelques minutes. Si votre avocat vous accompagne, il se présente en même temps que vous. Si vous êtes en retard, prévenez : une convocation reste un rendez-vous.
Minute 0 : l'identité et les droits
L'audition commence par votre identité, que vous êtes tenu de décliner. L'enquêteur vous informe ensuite succinctement des faits sur lesquels vous serez entendu et vous rappelle vos droits, même si la convocation les mentionnait déjà : votre droit de faire une déclaration, de répondre aux questions ou de vous taire ; le fait que vos déclarations peuvent servir de preuve ; votre droit de demander que les questions et vos réponses soient actées dans les termes utilisés. Une déclaration écrite des droits vous est remise. Si vous ne comprenez pas la langue, un interprète assermenté est appelé, aux frais de l'État.

La concertation confidentielle avec l'avocat
Si vous êtes assisté, l'enquêteur informe succinctement l'avocat des faits, puis vous laisse vous entretenir seul avec lui, sans policier. Cet entretien est confidentiel : rien de ce qui s'y dit ne peut être répété. C'est là que se décide l'attitude à tenir, à la lumière de ce que l'enquêteur vient de dire des faits. Si vous êtes venu seul, cette étape n'existe pas.
Les questions
L'audition est dirigée par l'enquêteur. Il pose ses questions, parfois en suivant une liste, parfois en revenant plusieurs fois sur le même point sous des angles différents. Il peut vous confronter à des éléments du dossier : une déclaration, une photo, un message. Vous pouvez répondre, répondre partiellement, ou vous taire ; vous pouvez demander une nouvelle concertation avec votre avocat si une question vous surprend. L'avocat, lui, peut demander des clarifications sur une question, faire acter une observation, demander qu'un acte d'enquête ou une audition soient réalisés. Il ne répond pas à votre place. Le ton varie d'un enquêteur à l'autre ; ce que la loi interdit, ce sont les pressions et les contraintes illicites, que l'avocat peut faire mentionner au procès-verbal.
Les documents que vous apportez
Vous pouvez utiliser les documents en votre possession et demander qu'ils soient joints au procès-verbal ou au dossier : un échange de messages, un ticket, un horaire, un certificat. Ils ne peuvent pas servir de motif à un report de l'audition, mais ils peuvent en changer le contenu. Décidez avec l'avocat, avant, de ce qui doit être montré.
La lecture et les corrections
À la fin, le texte de l'audition vous est donné en lecture, ou lu si vous le demandez. On vous demande si vos déclarations doivent être corrigées ou complétées. C'est un droit, pas une formalité : prenez le temps de lire, faites rectifier un mot inexact, faites ajouter ce qui manque. Le procès-verbal mentionne l'heure de début, les interruptions, l'heure de fin et l'identité des personnes présentes. Ce qu'il faut vérifier est détaillé dans relire son procès-verbal avant de signer.
La signature et la copie
Vous signez ensuite chaque page, avec l'enquêteur et l'avocat. Vous pouvez demander une copie du texte de votre audition ; elle vous est remise gratuitement, sauf report décidé par le parquet dans certains cas. Gardez-la : c'est le seul document qui dit ce que vous avez dit.
Après : vous repartez
Une audition en catégorie 3 se termine par votre sortie du commissariat. Vous n'êtes ni arrêté ni retenu ; si l'enquêteur souhaitait vous priver de liberté, on changerait de régime, et vos droits changeraient avec lui. Ce qui se passe ensuite se passe au parquet, souvent après plusieurs semaines ou mois de silence : voyez que se passe-t-il après une audition de police ?
Questions fréquentes
Combien de temps dure une audition ?
Entre une et deux heures dans la plupart des dossiers simples ; davantage quand les faits sont nombreux ou que des pièces sont examinées. Le procès-verbal en garde la trace exacte.
L'audition est-elle filmée ?
Pas systématiquement. Un enregistrement audiovisuel peut être décidé dans certains cas ; on vous en informe avant de commencer.
Peut-on faire une pause ?
Oui, et les interruptions sont mentionnées au procès-verbal. Une pause pour vous concerter à nouveau avec votre avocat est un droit.
Vous avez reçu une convocation ? Nos avocats en audition par la police la lisent avec vous, préparent l'audition et vous assistent le jour même, partout en Wallonie et à Bruxelles, 7j/7 : prenez contact.
Pour aller plus loin
Cet article s'appuie sur l'article 47bis du Code d'instruction criminelle dans sa version en vigueur et sur le Code pénal entré en vigueur le 1er septembre 2026. Il donne une information générale ; chaque situation mérite un examen particulier.




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