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« Vous pouvez y aller, vous êtes libre » : peut-on quitter le commissariat pendant l'audition ?

il y a 5 heures
4 min de lecture

C'est l'un des droits que l'enquêteur vous notifie avant de commencer : vous n'êtes pas privé de liberté et vous pouvez aller et venir à tout moment. La phrase surprend, et elle est exacte. Mais la liberté de partir ne dit rien de ce qui se passe après. Voici ce qu'elle permet, ce qu'elle coûte, et quand elle disparaît.


Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. Le suspect convoqué libre est informé qu'il peut aller et venir à tout moment : il peut interrompre l'audition, demander une pause, sortir, et même partir. Partir n'annule pas l'audition : ce qui a été dit est acté, et le procès-verbal mentionne l'heure de votre départ. Et la liberté d'aller et venir peut cesser : le procureur du Roi peut, compte tenu des circonstances, ordonner une arrestation. En pratique, on ne part pas ; on demande une pause, une concertation, ou l'on se tait.

Ce que dit la loi


Parmi les droits notifiés au suspect figure, « le cas échéant », qu'il n'est pas privé de sa liberté et qu'il peut aller et venir à tout moment. Le modèle de convocation utilisé par les services de police reprend cette mention, en ajoutant que le procureur du Roi peut, compte tenu des circonstances, ordonner une arrestation dans le cadre de l'enquête, et qu'il est donc conseillé de donner suite à la convocation. La liberté est réelle ; elle n'est pas une garantie contre la suite.


Ce que la liberté permet


Demander une pause : aller aux toilettes, boire, respirer. Sortir quelques minutes. Demander une concertation avec l'avocat, qui interrompt l'audition. Refuser de continuer à répondre, ce qui est le droit de se taire. Et, théoriquement, se lever et partir : l'enquêteur ne peut pas vous retenir sans changer votre statut. Chacune de ces interruptions est actée avec son heure ; voyez combien de temps dure l'audition ?


Ce que partir ne fait pas


Partir n'efface pas ce qui a été dit : les déclarations faites avant votre départ sont consignées et peuvent être utilisées. Partir ne clôt pas l'audition : elle est interrompue, et vous serez reconvoqué, dans un climat moins favorable. Partir sans relire ni signer laisse un procès-verbal que vous n'avez pas contrôlé ; voyez relire son procès-verbal avant de signer. Et partir en pleine audition, sans motif, peut être l'élément qui décide le parquet à changer d'approche.



Quand la liberté cesse


Le statut de personne libre peut basculer. Si, au cours de l'audition, des éléments apparaissent qui justifient une privation de liberté, le procureur du Roi peut ordonner votre arrestation ; vous êtes alors informé de vos nouveaux droits, qui sont ceux de la personne privée de liberté, avec des délais stricts et l'intervention de la permanence des avocats. Cela n'arrive pas parce que vous avez demandé une pause ; cela arrive parce que le dossier a changé. Une audition bien préparée, où l'on ne dit rien de plus que ce qui a été décidé, réduit ce risque.


La bonne manière d'interrompre


Dites-le, calmement : « je souhaite une pause », « je souhaite me concerter avec mon avocat », « je ne souhaite pas répondre à cette question ». Chacune de ces phrases est un droit, aucune n'est une fuite. Si vous êtes seul, sans avocat, et que vous sentez que l'audition prend une tournure que vous n'aviez pas prévue, la phrase utile est : « je souhaite consulter un avocat avant de poursuivre ». L'enquêteur ne peut pas vous l'interdire ; voyez le droit de se taire : quand l'utiliser.


Un exemple. Une femme entendue pour des faits d'escroquerie se voit présenter, après une heure, des relevés bancaires qu'elle ne connaissait pas. Elle envisage de partir. Son avocat demande une concertation ; ils sortent dix minutes. Elle revient, déclare qu'elle ne répondra pas aux questions sur ces relevés avant d'avoir pu les examiner, et demande qu'ils soient joints au dossier. L'audition se termine sur cette déclaration, relue et signée.


Questions fréquentes


Puis-je partir si l'audition dure trop longtemps ?


Vous pouvez demander qu'elle soit interrompue et poursuivie un autre jour. Une nouvelle date est fixée ; ce n'est pas la même chose que partir.


L'enquêteur me dit que si je pars, « ça va mal se passer » : est-ce une menace ?


C'est une phrase à faire acter par l'avocat comme une pression. Elle ne change pas vos droits ; elle change la manière dont le procès-verbal sera lu.


Si je suis arrêté pendant l'audition, mon avocat reste-t-il ?


Oui, il vous assiste dans le nouveau cadre, qui comporte des règles et des délais propres à la privation de liberté.


Vous avez reçu une convocation ? Nos avocats en audition par la police la lisent avec vous, préparent l'audition et vous assistent le jour même, partout en Wallonie et à Bruxelles, 7j/7 : prenez contact.


Pour aller plus loin



Cet article s'appuie sur l'article 47bis du Code d'instruction criminelle dans sa version en vigueur et sur le Code pénal entré en vigueur le 1er septembre 2026. Il donne une information générale ; chaque situation mérite un examen particulier.

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