Suis-je obligé de me présenter à une convocation de police ? Ce que je risque si je n'y vais pas
La question arrive presque toujours dans les mêmes termes : « est-ce que je suis obligé d'y aller ? ». Derrière elle, une autre : « et si je n'y vais pas, que se passe-t-il ? ». La réponse juridique est courte, mais elle ne suffit pas, parce que l'absence a des conséquences que la loi ne décrit pas et que l'expérience connaît bien.
Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. Une convocation « catégorie 3 » n'est pas une contrainte : vous restez libre, et personne ne vous emmènera de force. Mais votre absence est actée et transmise au parquet, qui peut vous faire entendre autrement, ou décider sans vous avoir entendu. Ne pas venir, c'est laisser le dossier se construire sans votre version. La bonne réponse à une date qui ne convient pas est un report, pas une absence.
Ce que dit la loi : vous êtes libre
La convocation vous invite à être entendu comme suspect sans être privé de liberté. L'article 47bis du Code d'instruction criminelle précise même que la police vous informe, le cas échéant, que vous n'êtes pas privé de liberté et que vous pouvez aller et venir à tout moment. Aucune disposition n'oblige un suspect libre à se présenter à une convocation, et aucune sanction n'est prévue pour celui qui ne vient pas. Sur ce point, ceux qui vous disent « tu n'es pas obligé » ont raison.

Ce que dit la pratique : l'absence n'est jamais neutre
L'enquêteur qui vous a convoqué a un dossier à clôturer. Si vous ne venez pas, il rédige un procès-verbal constatant votre absence et transmet le dossier au parquet avec ce qu'il contient : la plainte, les témoignages, les constatations, et rien de vous. Le procureur du Roi peut alors, selon les cas, vous faire reconvoquer, demander à la police de vous interpeller pour vous entendre, privé de liberté cette fois, ou décider directement de la suite sans vous avoir entendu, y compris en vous citant devant le tribunal. Dans ce dernier cas, la première fois que vous donnerez votre version, ce sera à l'audience, face à un dossier que vous n'aurez pas contribué à écrire.
Il y a aussi un effet moins visible. Un suspect qui ne répond pas à une convocation est perçu comme quelqu'un qui se soustrait ; cela pèse sur la manière dont le dossier est traité, et sur ce qui sera dit de vous plus tard, si l'affaire va devant un juge.
Le cas particulier de celui qui a quelque chose à cacher
Certains se disent qu'en ne venant pas, ils évitent de se compromettre. C'est un mauvais calcul, pour deux raisons. La première : la police n'a pas besoin de votre audition pour boucler un dossier ; elle a besoin de votre version seulement si vous voulez qu'elle y figure. La seconde : le droit de se taire existe précisément pour cela. Vous pouvez vous présenter, décliner votre identité, et choisir de ne pas répondre. Cette attitude, décidée avec un avocat, est infiniment plus protectrice qu'une absence. Voyez le droit de se taire : quand l'utiliser, quand y renoncer.
La date ne convient pas : demandez un report, ne disparaissez pas
Vous travaillez, vous êtes à l'étranger, votre avocat n'est pas disponible : tout cela se règle par un report. Quand la convocation mentionne vos droits, ce report n'est pas un droit mais une demande, que la police accepte le plus souvent lorsqu'elle vient d'un avocat qui confirme sa présence à une autre date. Le silence, lui, n'est jamais interprété comme une demande de report. Tout est expliqué dans peut-on faire reporter une audition de police ?
Et si je me présente : à quoi je m'engage ?
À rien d'autre qu'à être présent. Vous n'êtes pas obligé de parler, vous pouvez répondre à certaines questions et pas à d'autres, vous pouvez venir avec un avocat, vous pouvez repartir à la fin. Ce que vous direz sera écrit, relu, et vous pourrez le faire corriger avant de signer. C'est ce que décrit comment se déroule une audition de police, minute par minute.
Un exemple. Un homme reçoit une convocation pour des coups lors d'une soirée, un mois plus tôt. Il ne vient pas, persuadé que « ça se tassera ». Six mois plus tard, il reçoit une citation devant le tribunal correctionnel. Le dossier contient la plainte, deux témoignages et un certificat médical. Sa version, celle d'une bousculade sans coup porté, n'y figure nulle part ; elle sera entendue pour la première fois à l'audience, par un juge qui a déjà lu tout le reste.
Questions fréquentes
La police peut-elle venir me chercher si je ne réponds pas à la convocation ?
Pas de sa propre initiative pour une simple convocation. Mais le procureur du Roi peut demander votre interpellation, sans qu'un juge d'instruction doive intervenir : vous seriez alors entendu privé de liberté, à un moment que vous n'aurez pas choisi. Une convocation ignorée finit rarement par un oubli.
J'ai reçu la convocation trop tard, la date est passée : que faire ?
Faites contacter le service par un avocat pour fixer une nouvelle date. Une absence expliquée dans les jours qui suivent n'a pas les effets d'une absence silencieuse.
Je suis à l'étranger pour plusieurs mois : dois-je rentrer ?
Pas nécessairement. Un avocat peut expliquer la situation, proposer une date à votre retour et, selon les cas, transmettre des éléments en attendant. Ce qui compte, c'est que le dossier mentionne que vous répondez.
Vous avez reçu une convocation ? Nos avocats en audition par la police la lisent avec vous, préparent l'audition et vous assistent le jour même, partout en Wallonie et à Bruxelles, 7j/7 : prenez contact.
Pour aller plus loin
Cet article s'appuie sur l'article 47bis du Code d'instruction criminelle dans sa version en vigueur et sur le Code pénal entré en vigueur le 1er septembre 2026. Il donne une information générale ; chaque situation mérite un examen particulier.




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