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Peut-on se faire accompagner par un proche à une audition de police ?

il y a 6 heures
4 min de lecture

On veut quelqu'un à côté de soi. Un parent, un conjoint, un ami qui rassure. La question revient à chaque convocation, et la réponse est nette : la loi n'organise qu'une seule présence à vos côtés pendant l'audition, celle de l'avocat. Voici pourquoi, ce que cela laisse, et les situations où un accompagnement particulier est prévu.


Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. L'article 47bis donne au suspect le droit d'être assisté par un avocat ; il ne prévoit aucune autre personne. L'enquêteur peut refuser la présence d'un proche dans la salle, et le fait presque toujours, parce qu'un tiers peut devenir témoin ou influencer les réponses. Un proche peut vous accompagner jusqu'au commissariat, attendre, et vous ramener. Les mineurs et les personnes vulnérables bénéficient de règles particulières, centrées là aussi sur l'avocat.

Ce que dit la loi


Le suspect a le droit de se concerter confidentiellement avec un avocat avant l'audition et de se faire assister par lui pendant l'audition. Le procès-verbal mentionne l'identité des personnes qui interviennent à l'audition et les moments de leur arrivée et de leur départ. Aucune disposition ne permet à une personne autre que l'avocat, et l'interprète si nécessaire, d'assister le suspect. L'enquêteur dirige l'audition et décide qui est présent.


Pourquoi le proche est refusé


Trois raisons. Un proche qui entend votre audition devient un témoin de ce que vous avez dit, et pourrait être entendu à son tour. Sa présence peut influencer vos réponses, dans un sens ou dans l'autre, et l'enquêteur veut votre version, pas celle du couple ou de la famille. Enfin, dans beaucoup de dossiers, le proche est lui-même concerné par les faits, comme victime, témoin ou co-suspect, et sa présence fausserait tout.


Ce qu'un proche peut faire


Vous conduire et vous attendre : une audition est éprouvante, et ne pas être seul avant et après compte. Garder vos affaires. Prévenir l'avocat si l'audition s'éternise. Vous aider, en amont, à rassembler des pièces ou à reconstituer une chronologie, à condition qu'il ne soit pas lui-même impliqué dans les faits. Ce qu'il ne doit pas faire : parler des faits à l'enquêteur dans le couloir, ni contacter les autres personnes impliquées ; voyez faut-il aller voir la victime avant l'audition ?


Les personnes vulnérables


La loi impose que la communication des droits soit adaptée à l'âge de la personne et à une vulnérabilité éventuelle qui affecte sa capacité de les comprendre, et cette adaptation est mentionnée au procès-verbal. Les directives des procureurs prévoient, pour les personnes majeures vulnérables, d'appliquer les règles des mineurs, c'est-à-dire de garantir activement l'assistance d'un avocat. La personne de confiance ou l'administrateur d'une personne protégée peuvent utilement prévenir l'avocat et lui transmettre la convocation ; la place dans la salle reste celle de l'avocat.


Les mineurs


Un mineur convoqué ne peut être entendu qu'en présence de son avocat, après une concertation confidentielle avec lui. Les parents ne participent pas à l'audition ; ils sont informés et transmettent la convocation à l'avocat, qui se charge du reste. Voyez votre enfant mineur est convoqué par la police.



Et l'avocat, alors ?


Il est la personne que la loi met à vos côtés, avec un rôle défini : veiller au respect de votre droit de ne pas vous accuser et de votre liberté de parler ou de vous taire, au traitement qui vous est réservé, à la régularité de l'audition ; demander des clarifications, faire acter des observations, demander des actes d'enquête. Il n'est pas là pour vous rassurer, mais sa présence a cet effet, parce qu'on n'est plus seul face à l'enquêteur. Voyez que peut faire l'avocat pendant l'audition ?


Questions fréquentes


Mon conjoint est aussi convoqué pour les mêmes faits : pouvons-nous être entendus ensemble ?


Non. Les auditions sont individuelles, souvent le même jour, et chacun devrait avoir son avocat. Ne préparez pas vos versions ensemble ; voyez ce qu'il ne faut pas faire avant l'audition.


Je ne parle pas bien le français : puis-je venir avec quelqu'un qui traduit ?


Non : la loi impose un interprète assermenté, gratuit, si vous ne comprenez pas la langue de la procédure. Demandez-le avant l'audition ; un proche ne peut pas le remplacer.


Un proche peut-il au moins signaler à l'enquêteur que je suis fragile ?


Il peut le dire à l'avocat, qui le fera acter s'il y a lieu. Une vulnérabilité oblige l'enquêteur à adapter la communication des droits.


Vous avez reçu une convocation ? Nos avocats en audition par la police la lisent avec vous, préparent l'audition et vous assistent le jour même, partout en Wallonie et à Bruxelles, 7j/7 : prenez contact.


Pour aller plus loin



Cet article s'appuie sur l'article 47bis du Code d'instruction criminelle dans sa version en vigueur et sur le Code pénal entré en vigueur le 1er septembre 2026. Il donne une information générale ; chaque situation mérite un examen particulier.

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