Combien de temps entre la convocation et l'audition, et combien de temps dure l'audition ?
Deux questions reviennent dès la lettre ouverte : dans combien de temps, et pour combien de temps. La loi ne répond à aucune des deux, et la pratique est variable. Voici ce que l'on peut dire de manière fiable, et surtout ce que l'on fait du temps disponible.
Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. Aucune loi ne fixe de nombre de jours entre la convocation et l'audition ; la circulaire du Collège des procureurs généraux qui organise les auditions impose toutefois de laisser « suffisamment de temps » pour exercer ses droits, et de convenir d'une nouvelle date si la personne démontre qu'elle n'a pas pu se concerter avec un avocat. En pratique, on observe de quelques jours à plusieurs semaines. Aucun texte ne fixe non plus de durée : une audition simple tient en une heure, une audition contestée peut en prendre trois ou davantage, avec des pauses. Ce qui est garanti : le procès-verbal mentionne avec précision les heures de début, d'interruption, de reprise et de fin. Le délai sert à préparer ; la durée se maîtrise en répondant court.
La police doit-elle respecter un délai entre la convocation et l'audition ?
La réponse est en deux temps. Non, aucune loi ne fixe de délai. Le Code d'instruction criminelle organise la convocation écrite du suspect, avec la mention de ses droits et l'indication succincte des faits, mais il ne prévoit ni préavis minimal ni nombre de jours. Une audition fixée trois jours après l'envoi de la lettre n'est pas irrégulière pour ce seul motif. Le « 3 » de « catégorie 3 », que l'on voit parfois interprété comme un délai de trois jours, n'a rien à voir : il désigne la catégorie du suspect, libre et entendu pour des faits punissables d'une peine de prison.
Oui, la police doit laisser un temps suffisant. La circulaire du Collège des procureurs généraux qui organise l'assistance de l'avocat demande aux services de police de laisser suffisamment de temps entre la convocation et l'audition pour que la personne puisse effectivement consulter un avocat et organiser son assistance, et de convenir d'une nouvelle date si elle démontre qu'elle s'est trouvée dans l'impossibilité de le faire. Le modèle de convocation invite d'ailleurs le convoqué à contacter le service pour fixer un autre rendez-vous s'il ne peut pas être présent. Ce n'est pas un délai chiffré, c'est une obligation de moyen : le convoqué qui, de bonne foi, n'a pas pu se préparer doit obtenir une autre date.
Ce que cela signifie pour vous. Un délai court ne vous dispense pas de vous présenter et n'annule pas la convocation ; il fonde une demande de report, que l'avocat formule auprès de l'enquêteur en expliquant que la préparation n'a pas pu se faire. Et si la convocation ne mentionne pas vos droits, la loi vous donne, elle, un report de droit, une seule fois, pour consulter un avocat ; voyez la convocation mentionne mes droits.
Le délai avant l'audition
La convocation écrite est envoyée quand l'enquêteur a besoin de votre version, souvent après avoir entendu la victime et les témoins. Le délai qu'il fixe dépend de sa charge, de l'urgence du dossier et parfois de la date d'un événement, par exemple l'expiration d'un délai d'enquête. Le Code d'instruction criminelle n'impose aucun préavis chiffré. Mais la circulaire du Collège des procureurs généraux relative à l'assistance de l'avocat demande aux services de police de laisser suffisamment de temps entre la convocation et l'audition pour que la personne puisse effectivement consulter un avocat et organiser son assistance, et de fixer une nouvelle date si elle démontre qu'elle s'est trouvée dans l'impossibilité de le faire. Le modèle de convocation invite d'ailleurs le convoqué à contacter le service pour convenir d'un autre rendez-vous s'il ne peut pas être présent. Un délai très court n'annule donc pas la convocation, mais il fonde une demande de report qui doit être entendue ; voyez peut-on faire reporter une audition ?

Ce que vous faites de ce délai
Il sert à trois choses, dans l'ordre. Lire la convocation entièrement et en comprendre chaque mention, voyez décoder chaque mention de la lettre. Contacter un avocat sans attendre, parce que la loi présume, quand la lettre mentionne vos droits, que vous l'avez fait, voyez la convocation mentionne mes droits. Préparer, au cours d'un rendez-vous d'environ une heure, ce que vous direz et ce que vous apporterez, voyez préparer son audition avec un avocat. Un délai d'une semaine suffit à tout cela si l'on commence le premier jour.
La durée de l'audition
Elle dépend du nombre de faits, du nombre de questions, de la longueur de vos réponses et de la manière dont l'enquêteur rédige. Une audition sur un fait unique, dans laquelle vous faites une déclaration préparée et répondez brièvement, se termine souvent en moins d'une heure, relecture comprise. Une audition sur plusieurs faits, avec confrontation à des pièces, concertations avec l'avocat en cours de route et demande d'actement dans les termes utilisés, peut durer une demi-journée. On ne vous dira pas la durée à l'avance ; prévoyez la matinée ou l'après-midi entière, et ne prenez pas d'engagement juste après.
Ce que la loi garantit sur le temps
Le procès-verbal doit mentionner avec précision l'heure à laquelle l'audition commence, est éventuellement interrompue, reprend et prend fin, ainsi que l'identité des personnes présentes et les moments de leur arrivée et de leur départ. Ces mentions ne sont pas décoratives : elles permettent de vérifier, plus tard, qu'une pause demandée a été accordée, qu'une concertation a eu lieu, qu'une audition n'a pas duré au-delà du raisonnable. Vérifiez-les à la relecture ; voyez relire son procès-verbal avant de signer.
Les pauses et les interruptions
Vous n'êtes pas privé de liberté : vous pouvez demander une pause, aller aux toilettes, boire, et vous concerter avec votre avocat si un élément nouveau apparaît. Une audition longue sans pause fatigue et fait dire ce qu'on n'aurait pas dit reposé. Demandez l'interruption plutôt que de tenir ; elle sera actée avec son heure. Si l'audition doit se poursuivre un autre jour, une nouvelle date est fixée et le procès-verbal le mentionne.
Comment rester court
La durée est en partie entre vos mains. Une déclaration préparée fixe votre version en quelques minutes. Des réponses limitées à la question posée évitent les développements qui appellent d'autres questions. Le silence, quand il est choisi, raccourcit encore ; voyez le droit de se taire : quand l'utiliser. À l'inverse, la relecture ne se raccourcit pas : c'est le seul moment où l'on ne gagne rien à aller vite.
Questions fréquentes
J'ai reçu la convocation pour dans deux jours : est-ce normal ?
C'est court, et la circulaire qui encadre les auditions demande un temps suffisant pour consulter un avocat. Contactez un avocat le jour même ; il demandera à l'enquêteur une autre date en expliquant que la préparation ne peut pas se faire à temps, ce que le service doit prendre en compte.
La convocation date d'il y a trois mois et l'audition n'a jamais eu lieu : le dossier est-il fermé ?
Pas nécessairement. Un rendez-vous manqué ou reporté peut être refixé ; l'absence de nouvelles n'équivaut pas à un classement. Voyez que se passe-t-il après une audition ?
Peut-on être entendu en plusieurs fois ?
Oui. Chaque séance donne lieu à un procès-verbal avec ses heures, et les mêmes droits s'appliquent à chacune.
Vous avez reçu une convocation ? Nos avocats en audition par la police la lisent avec vous, préparent l'audition et vous assistent le jour même, partout en Wallonie et à Bruxelles, 7j/7 : prenez contact.
Pour aller plus loin
Cet article s'appuie sur l'article 47bis du Code d'instruction criminelle dans sa version en vigueur et sur le Code pénal entré en vigueur le 1er septembre 2026. Il donne une information générale ; chaque situation mérite un examen particulier.




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