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Convoqué alors que j'ai déjà été entendu comme témoin : pourquoi la police revient-elle ?

il y a 6 heures
4 min de lecture

La première fois, on vous avait dit que vous étiez témoin. Vous avez raconté ce que vous saviez, signé, et vous pensiez le dossier derrière vous. Une nouvelle convocation arrive, et la qualité a changé. Le changement n'est pas anodin ; il n'est pas non plus une condamnation. Voici comment le lire.


Ce qu'il faut retenir en 30 secondes. On passe de témoin à suspect quand l'enquête fait apparaître des éléments qui laissent présumer que des faits peuvent vous être imputés : une autre déclaration, une pièce, une contradiction. Votre première audition reste au dossier et sera confrontée à la seconde. Cette fois, vous avez tous les droits du suspect, avocat compris. La règle : ne pas improviser une version qui « répare » la première, mais reconstituer avec un avocat ce que vous avez dit et ce qui a pu changer.

Pourquoi la qualité change


L'enquêteur entend d'abord ceux qui savent quelque chose sans être visés : présents sur les lieux, proches, collègues. Puis l'enquête avance : une victime précise sa plainte, un autre témoin vous situe autrement, des messages ou des images apparaissent, ou votre propre récit contient une contradiction avec un élément du dossier. Dès qu'il existe des éléments qui laissent présumer que des faits peuvent vous être imputés, la loi impose de vous entendre comme suspect, avec les droits qui vont avec. Le changement de qualité est donc un signe que quelque chose s'est ajouté au dossier, pas nécessairement contre vous, mais autour de vous.


Ce que devient votre première déclaration


Elle reste. Un témoignage est un procès-verbal comme un autre ; le parquet le lira à côté de votre audition de suspect et comparera. C'est le point sensible : ce que vous avez dit sans avocat, sans savoir que vous étiez visé, sans avoir choisi de vous taire, est acquis. Deux erreurs à éviter : nier ce que vous avez déjà déclaré, ce qui se voit immédiatement ; ou réciter la même version mot pour mot, ce qui se voit aussi. Ce qu'il faut, c'est relire la première déclaration avec un avocat, en demander copie si vous ne l'avez pas, voyez obtenir une copie de son procès-verbal, et comprendre ce qui, dans le dossier, a pu la fragiliser.


La règle du basculement en cours d'audition


Le cas le plus délicat est celui où le changement se produit pendant l'audition de témoin. La loi le prévoit : si des éléments apparaissent qui laissent présumer des faits imputables, l'enquêteur doit vous informer des droits du suspect et vous remettre la déclaration écrite de ces droits. À partir de là, vous pouvez demander à vous concerter avec un avocat et à ne plus répondre. Si vous avez le sentiment, en pleine audition de témoin, que les questions se retournent vers vous, dites-le : « ai-je toujours la qualité de témoin ? ». La question elle-même oblige l'enquêteur à se positionner.



Préparer la seconde audition


Avec un avocat, cette fois, et avec la copie de votre première déclaration devant vous. Le travail consiste à reconstituer ce que vous avez dit, ce que vous savez du dossier depuis, et ce qui a pu conduire à la nouvelle convocation. Puis à choisir : compléter, préciser, rectifier une imprécision de la première déclaration, ou vous taire sur ce qui n'a pas été préparé. Voyez préparer son audition avec un avocat et le droit de se taire : quand l'utiliser. Faites acter vos réponses dans vos termes : la comparaison entre les deux procès-verbaux se fera au mot près ; voyez faire acter ses réponses dans les termes utilisés.


Ce que la seconde convocation ne signifie pas


Elle ne signifie pas que le parquet a décidé de vous poursuivre ; elle signifie qu'il veut votre version avec vos droits. Elle n'annule pas votre témoignage et ne le transforme pas en aveu. Elle ne vous met pas en détention : convoqué libre, vous restez libre. Beaucoup de dossiers où un témoin devient suspect s'arrêtent après la seconde audition, parce que la version du suspect, donnée avec un avocat, tient.


Un exemple. Un homme est entendu comme témoin d'une bagarre à la sortie d'un café ; il décrit ce qu'il a vu et précise qu'il n'est pas intervenu. Deux mois plus tard, une vidéo montre qu'il a retenu l'une des personnes par le bras. Il est convoqué comme suspect. La préparation consiste à replacer ce geste dans son contexte, sans nier la première déclaration, qui n'était pas fausse mais incomplète.


Questions fréquentes


Puis-je invoquer que ma première audition s'est faite sans avocat ?


La loi n'organise pas l'assistance d'un avocat pour le témoin, mais rien n'interdit à une personne entendue, en quelque qualité que ce soit, de se faire assister par un avocat qu'elle a elle-même sollicité ; l'enquêteur ne peut pas s'y opposer. Ce qui compte surtout, c'est le moment où des éléments à charge sont apparus : si l'enquêteur a continué à vous entendre comme témoin alors qu'il aurait dû vous notifier vos droits de suspect, les déclarations faites après ce moment ne peuvent pas fonder une condamnation. C'est un point d'appréciation, à examiner avec l'avocat.


Dois-je aller à la seconde convocation ?


Oui, comme à toute convocation. Voyez suis-je obligé de me présenter ?


L'enquêteur est le même que la première fois : est-ce un problème ?


Non, c'est habituel. Il connaît votre première déclaration ; votre avocat aussi doit la connaître.


Vous avez reçu une convocation ? Nos avocats en audition par la police la lisent avec vous, préparent l'audition et vous assistent le jour même, partout en Wallonie et à Bruxelles, 7j/7 : prenez contact.


Pour aller plus loin



Cet article s'appuie sur les articles 21bis et 47bis du Code d'instruction criminelle dans leur version en vigueur et sur le Code pénal entré en vigueur le 1er septembre 2026. Il donne une information générale ; chaque situation mérite un examen particulier.

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